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Ukraine: Moscou dénonce l'usurpation de bâtiments religieux

Le Patriarcat de Moscou dénonce les tentatives de «légalisation» de l’usurpation de bâtiments religieux pris à l’Eglise orthodoxe ukrainienne, par l’administration d’Etat de la région de Volhynie.

L’usage permanent des Eglises confisquées a été transféré illégalement aux «communautés schismatiques spoliatrices». Il s’agit de la cathédrale de la Trinité, à Berestetchko, et de l’église de la Nativité de la Mère-de-Dieu, au village de Borovitchi, deux églises classées au patrimoine de l’architecture locale.

Politique de confiscation

Les communautés paroissiales des deux églises sont restées fidèles à l’Eglise canonique. Selon des médias religieux, depuis la spoliation violente de la cathédrale de la Trinité, le 5 février 2019, une centaine de ses paroissiens, désormais privés de lieu de prière, se réunissent pour la Liturgie à la chapelle de l’Intercession, située au village de Starye, proche de Berestetchko.

La confiscation a été ratifiée par un décret du chef de l’administration d’Etat de la région de Volhynie, Y. Pogouliaïko, en date du 22 mai 2020.

Transfert de propriété des églises

Suivant les renseignements de l’Union des journalistes orthodoxes, les autorités régionales de la Volhynie avaient pratiqué dès avant septembre 2019 une politique intensive de transfert des églises monuments d’architecture. Arrachées à l’Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, rattachée au Patriarcat de Moscou, elles ont été réenregistrées.    

Toujours selon le Patriarcat de Moscou, au village de Sadov, en Volhynie, des représentants de «l’église orthodoxe d’Ukraine» (EOd’U – Eglise non canonique, ndlr), qui avaient spolié la paroisse Notre-Dame-de-Kazan de son église en février 2019, continuent de s’en prendre au Père Vladimir, recteur de la paroisse et aux membres de la communauté, restés fidèles à l’Eglise orthodoxe ukrainienne canonique.

Pressions et menaces constante contre le prêtre

Le prêtre et sa famille reçoivent sans cesse des menaces, les vitres de leur maison ont été brisées, le fils mineur du Père Vladimir a été agressé. «Le 4 septembre 2019, de jeunes extrémistes se sont introduits au domicile du prêtre. Ils lui ont montré des grenades, promettant d’en faire usage contre l’ecclésiastique et sa famille s’ils ne voulaient pas quitter ‘volontairement’ le presbytère, que la famille habite légalement», peut-on lire sur le site du Patriarcat de Moscou. «Ce sont les partisans de l’EOd’U qui leur ont demandé d’expulser le prêtre de sa maison» en toute illégalité.

Le 28 mai, le tribunal municipal de Loutsk, région de Volhynie, a contraint les forces de l’ordre à inscrire au Registre les données concernant l’enregistrement illégal des droits de propriétés de la maison paroissiale de Sadov, où réside le prêtre et ses enfants mineurs. Fin mai 2020, des fonctionnaires de l’arrondissement de Starostino, accompagnés d’autres fonctionnaires abusant de leur autorité et outrepassant leurs pouvoirs, s’étaient attribués illégalement le droit de propriété à la maison paroissiale dans laquelle réside et où est officiellement domicilié l’archiprêtre Vladimir et sa famille.  (cath.ch/mospat/be)

Kiev Cérémonie de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine affiliée au Patriarcat de Moscou | Photo: twitter
4 juin 2020 | 17:21
par Jacques Berset
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