«Umma Suisse» devrait être créée dès 2013
Suisse: Les quelque 400’000 musulmans du pays s’unissent
Berne, 8 février 2012 (Apic) Les deux principales organisations musulmanes de Suisse ont annoncé la préparation de l’élection d’un «parlement représentatif» de tous les musulmans du pays, a rapporté l’agence ATS, le 7 février 2012. «Umma Suisse» devrait ainsi être créée dès 2013.
L’annonce intervient alors qu’un rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) appelle à la création d’une organisation faîtière regroupant tous les musulmans de Suisse.
Ce rapport, qui examine les efforts de la Confédération contre la discrimination religieuse, relève que, depuis le 11 septembre 2011, «l’intolérance et les discriminations ont augmenté et sont exploitées par l’extrême droite et les partis populistes». Les personnes d’origine albanaise sont particulièrement touchées par ce phénomène. Quant aux musulmans, ils subissent de nombreuses discriminations en matière d’obtention de la citoyenneté ou sur le marché de l’emploi.
Une même voix
Les deux principales organisations musulmanes helvétiques ont donc décidé de «prendre leur destinée en main». Elles sont en train de préparer l’élection d’un «parlement représentatif» des quelque 400’000 musulmans du pays, baptisé «Umma» (communauté de tous les musulmans). Il devrait être en place dès 2013. Une commission composée de spécialistes en droit public et de juristes islamiques planche actuellement sur ses statuts, en veillant à respecter le droit fédéral et les législations cantonales.
Les élections à l’»Umma» pourraient se dérouler l’hiver prochain. La nouvelle organisation devrait permettre aux musulmans de parler d’une même voix et de transmettre leurs demandes aux instances politiques, voire aussi de donner des recommandations lors de votations. «Umma» sera aussi vecteur d’une meilleure reconnaissance par l’Etat et par la population.
Pas une excuse
En octobre 2010, des discussions entre les représentants des 30 communautés musulmanes suisses au sujet de la création d’une plateforme commune n’avaient pas abouti. Cette incapacité des musulmans à «former une organisation faîtière pour représenter et défendre leurs intérêts» a été pointée du doigt par l’OSCE, qui estime cependant que «cette faiblesse ne doit pas être une excuse à l’inaction du gouvernement» pour diminuer les discriminations à leur égard. (apic/ats/nd)



