Un 1/3 des éleveurs de bovins sont sur la «liste sale»
Brésil: Le travail esclave existe majoritairement dans le secteur de l’élevage
Brasilia, 4 janvier 2013 (Apic) L’élevage de bovins est l’activité économique la plus représentée au sein de la «liste sale» des entreprises ayant recours au travail esclave au Brésil en 2012. C’est ce que révèle la liste présentée en fin d’année (et réactualisée deux fois par an) par le Ministère brésilien du Travail et de l’Emploi (MTE) et par le Secrétariat Spécial des Droits de l’Homme.
Sur les 56 nouveaux noms que comportait cette liste en cette fin d’année 2012, vingt sont des éleveurs de bovins, (soit 37,5%), secteur d’activité pour lequel le Brésil est le premier producteur et exportateur mondial. Le rapport révèle également que ces entreprises développent leurs activités dans des zones directement touchées par la déforestation.
Lien entre esclavage et déforestation
«Le constat renforce en effet la relation entre exploitation de personnes en situation de travail esclave et déforestation, expliquent les auteurs du rapport de la Commission Pastorale de la Terre (CPT) de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB). L’expansion des zones d’élevage dans des régions recouvertes de forêt amazonienne est une tendance d›ailleurs qui se renforce».
En octobre, le rapport présenté par la CPT sur les libérations de travailleurs esclaves réalisées sur les 9 premiers mois de 2012 avait en effet mis en évidence le lien entre l’ouverture et le maintien de pâturages dans des zones isolées de l’Amazonie et le recours au travail esclave.
Esclavagiste… récidiviste
C’est le cas par exemple de Marcos Nogueira Dias, entrepreneur récidiviste en ce qui concerne l’utilisation de personnes en situation de travail esclave. Connu sous le surnom de Marcao do Boi (»le grand Marc du bœuf»), ce fermier avait déjà été fait partie de la «liste sale» une première fois en 2005, quand un groupe d’intervention mobile du MTE avait libéré quelque 43 travailleurs dans l’une de ses propriétés, dans l’Etat du Para. Cette nouvelle inclusion dans la «liste sale» est liée cette fois-ci à la libération de 11 personnes, dans une fazenda (propriété) située dans une autre partie de cet Etat du Para, vaste comme… 30 fois la Suisse !
Charbonniers esclaves
L’autre secteur d’activité particulièrement touché par le travail esclave est celui de la production du charbon. Si ce secteur concerne 7 des 56 nouvelles inclusions dans la liste, ce sont les conditions de vie et de travail terribles qui marquent les esprits, notamment avec la présence de nombreux jeunes de moins de 18 ans, vivant dans des conditions indignes, relève la CPT. (apic/jcg/be)



