Rome: Benoît XVI au Bénin

Un 2e voyage en Afrique sous le signe de la paix, de la justice et de la réconciliation

Rome, 14 novembre 2011 (Apic) Le 22e voyage de Benoît XVI hors d’Italie le mènera au Bénin, du 18 au 20 novembre 2011. Lors de ce bref déplacement au cours duquel le pape entend encourager l’Afrique et l’Eglise du continent, sera publiée l’Exhortation apostolique issue des travaux du Synode pour l’Afrique organisé 2 ans plus tôt au Vatican. Ce voyage entend marquer également le 150e anniversaire de l’évangélisation de l’Afrique de l’Ouest et faire mémoire de la figure du cardinal béninois Bernardin Gantin (1922-2008), un proche de Benoît XVI.

Après s’être rendu au Cameroun et en Angola lors d’un voyage en mars 2009, Benoît XVI foulera une nouvelle fois – pendant 48 heures – le sol africain. En visite dans ce petit pays du golfe de Guinée, le pape, «conscient des problèmes qui existent», explique le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, souhaite adresser «un encouragement au continent africain» afin qu’il «s’engage pour la réconciliation, la justice, la paix, pour le développement intégral et l’annonce de l’Evangile».

L’engagement de l’Afrique

Le premier objectif de ce déplacement, explique le Père Federico Lombardi, est de remettre au continent africain les résultats du synode d’octobre 2009, contenus dans l’Exhortation apostolique post-synodale «Africae munus» (l’engagement de l’Afrique). Au Cameroun, en 2009, il avait d’ailleurs lancé les bases de ce synode en remettant symboliquement aux évêques du continent «l’Instrumentum laboris» (document de travail) du second Synode spécial sur l’Afrique dans lequel l’Eglise souhaitait particulièrement «transformer la société» pour faire face «au processus organisé de destruction de l’identité africaine sous prétexte de modernité».

Le 19 novembre, le pape signera l’Exhortation apostolique «Africae munus» dans la basilique de l’Immaculée conception de Ouidah, à une quarantaine de kilomètres à l’Ouest de Cotonou. L’édifice néo-gothique bâti dans la ville côtière qui accueillit en 1861 les 3 premiers missionnaires catholiques – un Français, un Italien et un Espagnol des Société des missions africaines de Lyon – abrite entre autres la tombe du cardinal béninois Bernardin Gantin, décédé en mai 2008.

A 84 ans, Benoît XVI retourne également en Afrique pour marquer le 150e anniversaire de l’évangélisation du Bénin et d’une bonne partie de l’Afrique occidentale. Sans aucun doute, affirme le Père Federico Lombardi, le pape y saluera aussi le rôle positif de l’Eglise et sa contribution déterminante dans la stabilité actuelle du Bénin lors de sa participation active à la «Conférence nationale des forces vives de la nation» qui permit, en février 1990, la démocratisation du pays.

A l’époque, l’archevêque coadjuteur de Cotonou, Mgr Isidore de Souza, avait présidé cette conférence qui avait mis fin au régime marxiste que connaissait depuis 1975 l’ancien Dahomey. Sa participation à la conférence nationale fut une contribution vitale au tournant que vécut alors le pays, explique pour sa part Mgr Giuseppe Bertello, ancien nonce au Bénin de 1987 à 1991, actuel président du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican.

Un fils éminent du Bénin

Benoît XVI entend également rendre hommage à un homme d’Eglise qui fut l’un de ses proches au Vatican, le cardinal Bernardin Gantin. Créé cardinal en même temps que Joseph Ratzinger en juin 1977, le haut prélat béninois était arrivé à la curie romaine en 1971, après avoir été, dès 1956, à 34 ans, l’un des plus jeunes évêques d’Afrique et du monde.

Le haut prélat, qui fut un «ami très proche» de Benoît XVI, est aujourd’hui «considéré comme un père de la patrie et un héros national», rappelle le Père Federico Lombardi. A sa mort, en mai 2008, le pape avait vu en lui «un fils éminent du Bénin et de l’Afrique», un homme au ministère fécond et à la «généreuse fidélité».

La visite du pape au Bénin, où un tiers de la population est catholique, sera l’occasion d’encourager un épiscopat marqué, encore récemment, par des problèmes de morale sexuelle ou de syncrétisme religieux ayant poussé certains prélats à la démission.

Au cours de ce déplacement, l’un des discours majeurs du pape sera sans conteste celui qu’il adressera dans la matinée du 20 novembre au palais présidentiel de Cotonou aux membres du gouvernement, aux représentants du monde politique, culturel, diplomatique, économique et religieux. En outre, le soir même, Benoît XVI rencontrera un groupe de jeunes enfants à qui il adressera la parole de manière inédite. (apic/imedia/ami/js)

14 novembre 2011 | 18:08
par webmaster@kath.ch
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