«Un acte d’amour, capable d’attendrir»
Rome: L’archevêque de New York propose sa stratégie d’évangélisation
Rome, 17 février 2012 (Apic) Le futur cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York, a tracé une «stratégie efficace d’évangélisation», lors de la journée de réflexion à laquelle participent 130 cardinaux. L’Américain a proposé sept comportements à adopter pour «l’annonce de l’Evangile aujourd’hui, entre missio ad gentes et nouvelle évangélisation», thème principal de ce consistoire extraordinaire.
S’exprimant en italien, Mgr Dolan a expliqué qu’il n’existait aucune opposition entre la «missio ad gentes» (du Concile Vatican II, ndlr) et la nouvelle évangélisation. Il y voit plutôt un énorme défi: celui du sécularisme. Selon lui, les évangélisateurs doivent être attentifs à la «moindre trace d’ouverture à la transcendance, au divin». Une trace qui existe jusque dans les milieux qui semblent les plus sécularisés, comme New York ou le monde du spectacle, de la finance, de la politique, de l’art et de la littérature.
«Même une personne qui se vante d’adhérer au sécularisme et de mépriser les religions a eu une étincelle d’intérêt pour l’au-delà. Elle reconnaît que l’humanité et la création seraient une énigme absurde sans conception de créateur», a-t-il déclaré.
Une Eglise joyeuse et sans triomphalisme
L’archevêque estime que l’évangélisation doit se faire avec conviction, mais se garder de céder à un «triomphalisme» arrogant, comme c’était le cas avant le Concile Vatican II. «L’Eglise elle-même a toujours besoin d’être évangélisée. Elle doit aussi faire face au défi de combattre l’analphabétisme catéchétique», a-t-il souligné.
A ses yeux, si le sécularisme a pu se répandre, c’est aussi parce que de nombreux croyants n’avaient pas la moindre idée de la sagesse, de la beauté et de la cohérence de la Vérité. «Cela nous encourage à penser l’Eglise de façon renouvelée: à la concevoir comme une mission même.» Le futur cardinal a aussi rappelé qu’après le Concile Vatican II, on a assisté dans les pays de tradition chrétienne à «une réévangélisation qui abandonne les eaux stagnantes de la conservation institutionnelle et nous invite à prendre le large pour une pêche efficace».
«Le missionnaire, l’évangélisateur doit être une personne joyeuse. La nouvelle évangélisation s’accomplit avec le sourire et non pas avec une mine renfrognée», a par ailleurs lancé celui qui dirige le deuxième diocèse le plus important des Etats-Unis depuis 2009. Mgr Dolan s’inspirait directement d’un conseil, «sourire lors des promenades dans les rues de Rome», que lui avait donné l’ancien préfet de la Congrégation pour le clergé, le cardinal John Wright, lorsqu’il était étudiant au Collège Nord-américain de Rome. La nouvelle évangélisation doit donc être «un acte d’amour, capable d’attendrir le cœur du ’laïcard’ le plus convaincu».
Le prélat a finalement salué le rôle des martyrs chrétiens, «tristement» nombreux. Et de citer l’exemple d’un jeune chrétien américain ayant retrouvé la foi après avoir eu connaissance du drame des moines de Tibhirine, en Algérie.
Interventions libres
Le Père Federico Lombardi a confié que l’intervention «très expressive» de l’archevêque de New York avait été très bien accueillie par le collège des cardinaux. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a relevé que le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, a présenté une série d’initiatives en vue de l’Année de la foi, lancée en octobre prochain. Elles sont actuellement à l’étude dans les différents dicastères de la curie romaine. La journée devrait être émaillée d’autres interventions de cardinaux, dont le Vatican devrait proposer une synthèse. (apic/imedia/cp/ami/nd)



