Vietnam: Décès du Père Etienne Chân Tin, rédemptoriste

Un ardent défenseur de la liberté chrétienne

Ho-Chi-Minh Ville, 6 décembre 2012 (Apic) Le Père Etienne Chân Tin, un des plus emblématique représentant de la résistance chrétienne au Vietnam est décédé le 1er décembre 2012 à Saigon. Agé de 92 ans, le religieux rédemptoriste a constamment dénoncé l’oppression et l’injustice même avant la prise du pouvoir par les des communistes en 1975, rapporte l’agence d’information des Missions étrangères de Paris «Eglises d’Asie».

Chân Tin était né le 15 novembre 1920 dans un petit village de la province de Thua Tien – Huê. En 1944, il prononce ses premiers vœux religieux dans la congrégation des rédemptoristes. En 1949, il est ordonné prêtre. Au cours des années suivantes, la situation du Vietnam change constamment. La première guerre du Vietnam s’achève en 1954 avec la partition du pays en deux Etats. Une autre guerre s’engage quelques années après. A son issue, fin avril 1975, le Sud-Vietnam est absorbé par le Nord. Le parti communiste impose son pouvoir.

Sous tous ces régimes successifs, le Père Chân Tin continue imperturbablement ses interventions, ses prises de parole, ses lettres ouvertes et, régulièrement, comparait devant les instances dirigeantes. Lors d’un entretien avec un secrétaire d’Etat à l’Intérieur, en 1989, il fera remarquer qu’avant 1975, les autorités dites ’fantoches’ lui faisaient les mêmes reproches, les mêmes accusations que celles qu’on lui infligeait aujourd’hui.

Après des études à Rome et l’obtention d’un doctorat, il est chargé de la direction de la très populaire revue ’Notre-Dame du perpétuel secours’. Grâce à lui, la revue contribue grandement à la diffusion des idées et de la théologie du Concile Vatican II. Il fonde ensuite la revue Dôi Diên (›Faire face’) qui s’appellera aussi Dung Day (›Levons-nous’) pour aider les chrétiens à faire face aux questions des temps modernes.

Après 1975, la revue sera bientôt interdite de parution. Cela ne l’empêchera pas de faire entendre sa voix, notamment face à la multiplication des violations des droits de l’homme, les centaines de milliers de prisonniers politiques parmi lesquels de nombreux prêtres catholiques.

Une mesure administrative du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville le condamne en 1990 à l’exil dans une petite paroisse du district de Duyên Hai. A sa libération, en 1993, il continuera inlassablement ses interventions publiques, ces lettres ouvertes au sujet de l’actualité religieuse, sociale et politique. (apic/eda/mp)

6 décembre 2012 | 11:43
par webmaster@kath.ch
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