Rome: Le cardinal George Pell détaille les réformes économiques du Vatican
Un auditeur indépendant nommé d’ici la fin de l’année
Rome, 9 août 2014 (Apic) Un mois après la présentation du nouveau cadre économique du Saint-Siège, le cardinal George Pell, préfet du Secrétariat pour l’économie, a expliqué l’importance des réformes annoncées et du défi que représente leur mise en pratique. Le prélat australien a notamment annoncé qu’un auditeur indépendant sera nommé par le Saint-Siège d’ici la fin de l’année.
Tout le monde pourra s’adresser à cet auditeur indépendant, affirme le cardinal Pell dans une interview à l’agence d’information américaine «Catholic News Service» (CNS), relayée le 8 août 2014 par Radio Vatican. «Le pape François veut une Eglise pauvre pour les pauvres, précise le prélat australien, mais cela ne veut pas nécessairement dire que ses coffres-forts doivent être vides et cela ne veut certainement pas dire que le Saint-Père veuille une Eglise négligée, inefficace et prête à se laisser voler. Si l’on veut aider les pauvres, il faut avoir les moyens de le faire. Et mieux nous gèrerons nos finances plus nous pourrons faire le bien».
Plus de transparence
Le cardinal Pell insiste notamment sur la transparence financière, réclamée lors du dernier Conclave. Il est en effet important que les fidèles sachent où va leur argent. Ceux qui font des dons veulent que leur argent soit utilisé pour une bonne cause, note Mgr Pell. Il souligne l’importance du système de contrôle et d’équilibre mis en place, du rôle de supervision confié à des laïcs et du rééquilibrage entre clercs et laïcs au sein des structures financières et administratives.
Pour lui, il faut internationaliser la bureaucratie romaine tout en la ramenant à de plus justes proportions. «Nous essayons de mettre en place les meilleures pratiques possibles en matière de gestion et de comptabilité, conformément aux standards internationaux. Puisque le Saint-Siège a des moyens financiers importants, il faut adopter des procédures adéquates et prudentes, acceptables dans le reste du monde», affirme-t-il.
Une réduction des effectifs
Quant au Conseil pour l’économie, il s’agit, d’après l’ancien archevêque de Sydney, d’une sorte de sénat académique qui permet de séparer les pouvoirs et de distribuer les compétences pour éviter qu’une seule personne puisse monopoliser le pouvoir et exercer une sorte de contrôle dictatorial. «Bref, il faut mettre de l’ordre dans la maison si l’on veut être crédible quand on exhorte à la charité et à la justice sociale. Cette réforme a reçu le soutien inconditionnel du pape François», assure-t-il.
Et quand on l’interroge sur la contradiction entre les restrictions budgétaires et la volonté d’assouplir la curie romaine, et la multiplication des organismes et commissions, le cardinal Pell reconnaît qu’en cette première phase les bureaux et les fonctionnaires ont augmenté mais qu’il y aura, sur le long terme, des réductions. (apic/rv/cns/rz)



