Un avant-goût des études universitaires
Fribourg: Une septantaine d’enfants au «Goûter scientifique» sur les pèlerinages
Fribourg, 14 octobre 2009 (Apic) Donner le goût de l’approche scientifique, vivre l’expérience d’un premier contact avec l’université et ses professeurs. C’est ce que propose depuis plus de trois ans l’Université de Fribourg à travers ses «Goûters scientifiques» adressés aux enfants de 8 à 12 ans. La séance du 14 octobre a été consacrée au pèlerinage dans les différentes traditions religieuses. Avec des interventions parfois plus surprenantes que scientifiques.
Quelques retardataires, une nuée de participants qui tentent – en vain – de squatter les derniers rangs: certains enfants, mercredi à l’Aula de Miséricorde, ont déjà adopté des plis caractéristiques des études universitaires. Mais la comparaison s’arrête à peu près là, avec la complicité du professeur Hodel, qui explique au début de son exposé que «d’habitude les étudiants dorment lors des cours ou écoutent sans bouger». «Mais ce ne sera pas le cas avec vous, car vous n’allez pas vous gêner de poser des questions», ajoute le professeur d’Histoire de l’Eglise. Et les quelque 70 bambins présents ne se sont pas fait prier pour ajouter un grain de sel parfois piquant à un exposé, par ailleurs très imagé, sur les pèlerinages dans les traditions chrétienne, juive et musulmane.
Déjà lors de l’accueil, l’abbé François-Xavier Amherdt s’est fait surprendre, lorsqu’il a demandé à l’auditoire de citer «quelque chose à l’Université de Fribourg qu’il n’ y a pas dans les autres universités de Suisse». «Il n’y a pas de table», «Il y a de ceux qui parlent d’autres langues», «des pèlerins», ont répondu des enfants, avant que n’arrive la réponse tant attendue: le bilinguisme. Montrant la tenue blanche arborée par deux religieux, il s’est fait entendre qu’ils étaient tour à tour «des capucins», «des moines», «des curés», «des pères». «Tu es sûr que tu sais?», lâche le professeur Amherdt à un enfant levant la main avec insistance, mais qui venait déjà de sortir une réponse bizarre. Avec un peu d’aide, un participant finit pas lâcher: «des dominicains».
Le pèlerinage, comme un match de Gottéron
Le Père Paul-Bernard Hodel, partant de l’exemple de Fribourg Gottéron, souligne que le pèlerinage commence déjà bien avant de se trouver sur place. «On se prépare. On se réjouit en parcourant le chemin. Le chemin fait entièrement partie du pèlerinage», souligne-t-il. Expliquant de façon très adaptée aux enfants les caractéristiques des quatre grands lieux de pèlerinage que sont Jérusalem, Compostelle, Rome et La Mecque, il intercale de nombreuses petites questions visant à stimuler l’attention des enfants. Devant une photo du pape portant mitre, un participant croit reconnaître Saint Nicolas. Avant qu’un des auditeurs ne corrige le tir. «Et comment s’appelle le pape?», poursuit le conférencier. La réponse fuse: «Benoît XVI». «Et avant lui?», «Jean Paul II», «Et avant lui?», «Jean Paul I», Et avant lui?» «Jean Paul 0!». «Et le pape, de qui est-il le successeur?», «Ben, d’un autre pape», affirme un enfant qui n’a pas tout à fait tort.
«La vie, c’est un pèlerinage, une marche. Les croyants se mettent en route vers Dieu», conclut le Père Hodel, accueilli par une salve d’applaudissements.
Puis, par groupes, les participants ont défilé dans cinq postes où leur ont été posé des questions en lien avec l’exposé qu’ils venaient d’entendre. Ceux qui craignaient de ne pas répondre tout juste, et être ainsi privés d’une récompense sous la forme d’un pendentif avec la colombe de la paix, ont vite été rassurés. Avec l’aide des étudiants en théologie qui les accompagnaient ou qui animaient les stands, toutes les copies ont été rendues avec zéro fautes.
Et après la nourriture intellectuelle et spirituelle, le dernier point du programme arrive à point: une deuxième récompense sous la forme d’un «vrai» goûter avec fruits, petits pains et chocolats chauds.
Encadré:
Donner le goût de la science
Près de 50 enfants ont déjà participé, mercredi 7 octobre, au «Wissenschaft zum Z’vieri», la version germanophone des «Goûters scientifiques». Ils ont entendu un exposé, très imagé, du professeur Max Küchler sur les pèlerinages dans les traditions chrétienne, musulmane et juive. «Les trois religions croient en un seul Dieu, nous tous rendons gloire à Dieu sous différents noms», leur a lancé le professeur de Nouveau Testament. Et tous trois ont en commun le pèlerinage, «tout comme la vie est un pèlerinage», a-t-il conclu sous les applaudissements des jeunes participants. Les enfants ont ensuite testé leurs connaissances à travers des questionnaires répartis en 6 stations, en petits groupes accompagnés par des étudiants en théologie. «Quelles sont les trois religions pour qui Jérusalem est importante?», est-il demandé au poste no 1. «Pourquoi la coquille est-elle le signe des chemins de St-Jacques-de-Compostelle?», figure au poste 3. Les questions ne sont pas faciles. Et le terme «monothéiste» peine à sortir des lèvres de la relève scientifique. Les propositions de «messagers de Dieu» passent d’abord par Jésus, Moïse, Mahomet, saint Jacques et saint Paul, avant que les anges ne soient cités, avec l’aide des accompagnants. La matière n’est pas facile, affirme Deborah, 9 ans, pour qui presque tout est nouveau aujourd’hui, «bien que je serve la messe». Les postes plus actifs lui conviennent mieux. «C’était particulièrement bien de lancer une pierre contre une colonne, comme le font les musulmans à La Mecque», affirme-t-elle.
Encadré:
Un premier contact avec l´Université et ses professeurs
Les Goûters scientifiques ont pour objectif de permettre aux enfants de huit à douze ans de vivre l´expérience d´un premier contact avec l´Université et ses professeurs, indique l´Université de Fribourg sur son site internet. Ce contact est formel par le cadre dans lequel il se déroule (un auditoire de l´Université), par les intervenants (des professeurs de l´Université) et par son contenu véritablement éducatif tout en restant ludique et en encourageant les enfants à participer et à poser des questions. Les Goûters scientifiques ont été lancés il y a un peu plus de trois ans par le service Communication et Marketing de l’Université de Fribourg et bénéficient du soutien de la fondation Arcanum. Ils ont lieu deux fois par année, en allemand et en français.
Informations: www.unifr.ch/gouters
Note aux rédactions: Des photos illustrant cet article peuvent être commandées à l’agence Apic: apic@kipa-apic.ch Prix pour diffusion: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.
(apic/ak/com/bb)



