«Un banc d’essai pour l’Eglise et la société brésiliennes»
Brésil: L’Eglise catholique d’Amazonie se rencontre pour la première fois
Manaus, 29 octobre 2013 (Apic) Les évêques, mais aussi des laïcs, des agents pastoraux et des responsables d’institutions d’Amazonie sont réunis pour la première fois depuis le 28 jusqu’au 31 octobre 2013 pour débattre des réalités politiques, sociales, économiques, culturelles et religieuses de la région. L’Amazonie constitue, comme l’a suggéré le pape François, un «banc d’essai pour l’Eglise et la société brésiliennes».
«Nous sommes ici pour une rencontre importante, profonde et historique». C’est en ces termes que Mgr Claudio Hummes, président de la Commission épiscopale pour l’Amazonie, a célébré hier l’ouverture de la première rencontre de l’Eglise catholique de l’Amazonie légale, à Manaus. Pour Mgr Hummes, cette rencontre est d’autant plus historique qu’elle intervient dans le cadre des 400 ans de l’évangélisation de l’Amazonie et dans le souhait de mettre en exergue le chemin parcouru par l’Eglise dans la région depuis le Concile Vatican II.
Réfléchir et débattre
Cet évènement rassemblera pendant quatre jours des évêques, des laïcs, des agents pastoraux et des responsables d’institutions de onze états du Brésil (sur les 27 qui composent le pays), soit six régions de la Conférence épiscopale brésilienne (CNBB). L’objectif est de réfléchir et de débattre sur les réalités politiques, sociales, économiques, culturelles et religieuses de cette région de 24 millions d’habitants qui s’étend sur près de 5 millions de km2, soit plus de 60% du territoire national. La région abrite plus d’un tiers des forêts tropicales humides de la planète et en détient 20% des réserves d’eau douce.
Relever les défis de l’Amazonie
«Vous représentez plus de la moitié du territoire national, a rappelé Mgr Claudio Hummes aux participants dans son discours d’ouverture. Et nous devons nous demander comment nous répondons aux défis de l’Amazonie». Durant son intervention, le prélat a cité les propos du pape François en faveur de l’Amazonie, lors des JMJ de Rio de Janeiro, du 23 au 28 juillet dernier. Evoquant une urgence écologique, sociale et pastorale pour les chrétiens, le pontife avait qualifié l’Amazonie de «test révélateur», et de «banc d’essai pour l’Eglise et la société brésiliennes».
«L’Eglise doit oser et aller de l’avant»
En juin dernier déjà, la CNBB avait marqué son soutien aux mouvements sociaux qui critiquaient vivement les dépenses somptuaires pour l’organisation de la Coupe du Monde de football, alors que les secteurs de la santé et de l’éducation, notamment, sont exsangues. Encouragée par le pape François, l’Eglise catholique du géant sud-américain se mobilise donc une nouvelle fois sur un dossier extrêmement sensible, à l’heure où la région amazonienne est au cœur de nombreux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Un engagement que Mgr Hummes a résumé en assurant que l’Amazonie était un test décisif pour le futur de l’Eglise. «Il faut oser, aller de l’avant, a t-il martelé. Car si nous n’osons pas, nous nous trompons». (apic/jcg/rz)




