Brésil : Des indiens vont manifester durant le Mundial pour demander la reconnaissance de leurs territoires

Un cacique menace de «paralyser» le sud du Brésil

Brasilia, le 11 juin 2014 (Apic) Des groupes indigènes ont déclaré vouloir profiter de la médiatisation planétaire de la Coupe du Monde de football pour protester dans différents villes du pays, notamment dans le Sud, afin que le gouvernement reprenne le processus de démarcation et de reconnaissance des terres revendiquées par les peuples indigènes.

Des manifestations ont été annoncées dans au moins trois Etats qui recevront des rencontres de la Coupe du Monde : Sao Paulo, Parana (Curitiba) et Rio Grande du Sud (Porto Alegre). , Les Indiens n’excluent pas non plus de se joindre ponctuellement à d’autres manifestations organisées par divers mouvements sociaux.

Reprendre le processus de démarcation

Ces manifestations auront pour objectif de demander au gouvernement de reprendre le processus de démarcation et d’attribution des terres aux peuples autochtones. Une démarche fondamentale pour éviter aux Indiens d’être expulsés des terres qu’ils occupent parfois depuis des siècles mais qui sont de plus en plus souvent convoitées par des compagnies minières, des grands propriétaires terriens ou des entreprises de construction. D’après José Eduardo Cardozo, ministre de la Justice, «ces processus ont été suspendus pour éviter l’aggravation des conflits déjà violents», qui opposent depuis plusieurs mois de grands propriétaires terriens aux peuples indigènes, un peu partout dans le pays.

Blocages du ministre de la Justice et de la présidente

D’après un rapport de la Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI), pas moins de 118 processus de démarcation de terres indigènes sont actuellement en cours. Sur ce total, seuls 39 sont en phase finale d’approbation. Pour être conclu, le processus de démarcation doit en effet recevoir l’approbation finale de la présidence de la FUNAI, puis être validé par les signatures du ministre de la Justice et de la présidente de la République. Or, d’après la FUNAI, si 10 processus sont en cours de validation finale par le président de cette entité, 12 autres sont en attente de signature du ministre de la Justice et 17 de la présidente Dilma Rousseff.

Des menaces prises au sérieux

Le gouvernement prend très au sérieux les menaces de manifestations des peuples indigènes. Il redoute notamment que de nouveaux affrontements aient lieu, comme ceux qui avaient opposé le 27 mai dernier quelques 500 leaders indigènes, – alliés à des manifestants du Comité Populaire de la Coupe, une organisation regroupant plusieurs associations de protection de défense des droits humains et de droit au logement – à des forces de police et de l’armée. Des heurts qui pourraient altérer l’image de nation forte que souhaite renvoyer le gouvernement brésilien pendant cette Coupe du monde.

«Paralyser la région Sud»

Durant la compétition, les principales manifestations indigènes devraient se concentrer dans la région Sud et Sud-Est du pays. Ainsi, le cacique Roberto dos Santos, un des leaders du peuple Kaingang, présent au sud du Brésil, a indiqué qu’une réunion aurait lieu cette semaine pour définir une stratégie. «Nous n’allons pas laisser la Coupe se jouer tranquillement, alors que les sociétés indigènes souffrent, a t il expliqué. Nous allons manifester dans les villes ou sur les axes routiers autour des villes de Porto Alegre et de Curitiba, qui accueilleront plusieurs matchs. L’idée est de paralyser la région Sud, en bloquant tous les axes de communication terrestre.» (apic/jcg/mp)

11 juin 2014 | 09:03
par webmaster@kath.ch
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