Italie: L’Observatoire du Vatican a accueilli des étudiants du monde entier
Un campus miniature près de la résidence des papes
Albano, 25 juin 2010 (Apic) Depuis le 30 mai, l’Observatoire astronomique du Vatican, dont le siège se trouve désormais sur le territoire de la commune d’Albano (Italie), au pied de la colline de Castel Gandolfo, s’est transformé en un campus miniature. Non loin de la résidence estivale des papes, une trentaine d’étudiants en astronomie sont ainsi venus du monde entier pour participer à la 12e université d’été qui portait cette année sur la chimie de l’Univers.
Installés depuis un an dans un ancien monastère de religieuses basiliennes entièrement restauré, les quelques jésuites emmenés par le Père José Gabriel Funes ont ainsi accueilli pour la première fois les étudiants dans ces locaux flambant neufs, véritable petit écrin situé en contrebas de la Villa pontificale. «Si les installations dans le palais du pape étaient plus impressionnantes et plus vastes, elles ne se prêtaient pas réellement à l’accueil de personnes de l’extérieur», souligne le Frère Jonathan, en jeans et baskets, arrivé tout droit de Tucson, en Arizona (Etats-Unis), où se trouve le télescope de l’observatoire.
Entre deux cours, dispensés cette année – et c’est aussi une nouveauté – exclusivement par des ›anciens’, les étudiants, pour l’essentiel en début de doctorat, peuvent ainsi échanger leurs expériences. Les participants viennent en effet de 24 pays différents sur les 5 continents. Une aide particulière est accordée aux jeunes originaires de pays plus pauvres, comme le Congo ou l’Inde, qui reçoivent de l’observatoire une bourse d’étude. Cette année, ils sont 25 étudiants à avoir été admis sur 140 candidats, «sans tenir compte de leur religion», insiste le Père Funes. Parmi les élus, on trouve en effet une élève musulmane venue d’Indonésie.
Un fragment de la lune rapporté par Apollo XVII
Ouverture. C’est le mot qui revient sur la bouche de nombreux participants à cette université d’été. Mathieu, venu de France, ou Daniel, venu d’Afrique du Sud, se disent étonnés de voir à quel point l’Eglise s’intéresse à la science, mais aussi aux questions de bioéthique. Le niveau et la qualité de l’enseignement des jésuites en a aussi étonné plus d’un. Ces jeunes n’ont pas eu de mal non plus à s’intégrer dans ce couvent où tongs et shorts ont remplacé l’habit monastique, et où les armes pontificales – l’édifice bénéficie de l’extraterritorialité – côtoient de superbes photos d’archives. Dans le hall d’entrée, une vitrine contient un fragment du sol lunaire accompagné d’un petit drapeau du Vatican. Ce dernier avait été apporté sur le satellite naturel de la Terre lors de la mission spatiale Apollo XVII, en 1972.
Slalomant d’un pas rapide entre les différentes pièces de l’Observatoire, comme la bibliothèque aménagée dans l’ancienne chapelle, le directeur lui-même n’hésite pas à recourir au répertoire du cinéma, et à la trilogie de La guerre des étoiles en particulier, pour expliquer les travaux effectués sur «une étoile double entourée d’une ceinture d’astéroïdes semblables à celle du système solaire». «Cette école d’été est l’exemple concret que l’Eglise appuie la recherche scientifique, qu’elle encourage la science et n’est pas son ennemi», résume le Père Funes, soucieux, de même que le Frère Jonathan, de montrer que le conflit entre science et foi n’existe que dans l’imagination de certains. (apic/imedia/cp/bb)



