«Un chemin vers le chaos social et la promiscuité»

Inde : Des responsables religieux dénoncent la dépénalisation de l’homosexualité

Delhi, 10 juillet 2009 (Apic) En Inde, des responsables de diverses religions ont critiqué un verdict historique rendu par un tribunal, qui dépénalise l’homosexualité. Le 2 juillet, la Haute Cour de Delhi a jugé que les relations homosexuelles entre adultes consentants n’étaient pas un crime, et a déclaré qu’une partie du Code pénal indien contrevient à la liberté fondamentale d’égalité devant la loi.

La clause relative à l’homosexualité, promulguée par l’ancien colonisateur britannique et concernant les «offenses contre nature», stipule que «quiconque a des relations charnelles volontaires allant à l’encontre de la nature avec un homme, une femme ou un animal doit être puni», rappelle l’agence oecuménique ENI. Tandis que des militants homosexuels dansaient dans les rues après que le verdict soit tombé, des responsables chrétiens, hindous, musulmans et sikhs ont exprimé leurs réserves ou leur opposition face à cette décision de justice, affirmant qu’elle allait conduire au chaos social et à la promiscuité.

Le ministre fédéral de la Justice, Veerappa Moily, a déclaré que le gouvernement examinerait minutieusement le jugement avant de prendre une quelconque mesure. Cette décision de justice est le résultat d’une pétition lancée par une organisation non gouvernementale qui exigeait l’élimination de cette disposition «archaïque».

«Ce verdict suscite des sentiments partagés», a déclaré l’évêque méthodiste Tharanath Sagar, président du Conseil national des Eglises de l’Inde, une organisation rassemblant 30 Eglises orthodoxes et protestantes. «Nous saluons cette décision de justice dans la mesure où elle met fin au harcèlement pénal des homosexuels. Néanmoins, en tant que responsables religieux, nous ne pourrons jamais cautionner un comportement sexuel qui va à l’encontre de l’ordre naturel et du projet divin.»

Vers une «glorification» de l’homosexualité?

K.T. Thomas, fondateur de la Fédération des Eglises et organisations chrétiennes, qui regroupe plus de 2000 paroisses indépendantes du Karnataka, a déclaré au correspondant d’ENI: «Nous sommes véritablement choqués par ce verdict.» Ajoutant: «Cela va avoir des conséquences extrêmement graves sur le plan moral.» L’archevêque Stanislaus Fernandes, secrétaire général de la Conférence épiscopale catholique de l’Inde, a affirmé que son Eglise était contre «la pénalisation des personnes s’adonnant à des comportements déviants». Cependant, il a exprimé sa préoccupation quant au fait que le verdict puisse conduire à la «glorification» de l’homosexualité dans la société indienne et à des demandes d’égalité des droits pour les homosexuels.

Le responsable musulman Ahmed Bukhari, imam de la mosquée Jama Masjid de New Delhi, a déclaré: «C’est tout à fait mal de légaliser l’homosexualité. Si le gouvernement essaye d’éliminer la section de la loi y faisant référence, nous nous y opposerons fermement.» Le Vishwa Hindu Parishad (Conseil hindou mondial) s’est également opposé au verdict, affirmant que l’homosexualité allait à l’encontre des «mœurs sociales» et de «l’ethos national» indien. (apic/eni/bb)

10 juillet 2009 | 17:16
par webmaster@kath.ch
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