Chen Chien-jen est le premier vice-président catholique de Taïwan (Photo:AP Photo/Wally Santana/Keystone)
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Chen Chien-jen est le premier vice-président catholique de Taïwan (Photo:AP Photo/Wally Santana/Keystone)

Un chevalier catholique à la tête de Taïwan

20.01.2016 par Raphaël Zbinden

Les Taïwanais ont élu, le 16 janvier 2016, comme vice-président, Chen Chien-jen, un catholique fait chevalier de l’Ordre du Saint-Sépulcre. Le premier catholique de l’île à occuper un poste aussi élevé pourrait renforcer le statut de cette religion ultra-minoritaire dans le pays.

Chen Chien-jen, un éminent épidémiologiste, se présentait aux côtés de Tsai Ing-Wen, du Parti démocrate progressiste (DPP), élue à la présidence avec 56,12% des voix. Agé de 64 ans, il est connu pour sa ferveur religieuse, rapporte l’agence d’information catholique Ucanews. Il a été fait chevalier de l’Ordre du Saint-Sépulcre en 2010 et de Saint-Grégoire-le-Grand en 2013, pour ses contributions à l’Eglise locale.

Quelle influence?

James Liao, une éducateur catholique de l’île de mer de Chine, espère que Chen Chen-Jien insufflera ses valeurs catholiques dans le milieu politique. “Cela améliorera l’efficacité du gouvernement et promouvra la justice, afin que les autorités se joignent à l’Eglise pour aider les exclus et encourager l’Etat providence”.

Paul, un consultant catholique de la capitale Taipei, estime toutefois que l’influence de Chen Chien-Jen sera faible. “Peut-être que plus d’instituts catholiques l’inviteront comme orateur pour soulever des fonds”, souligne-t-il néanmoins. Le Taïwanais relève que la population catholique de l’île, qui s’élève à 270’000 fidèles sur une population totale de plus de 23 millions d’habitants, est trop petite pour avoir une réelle influence. Il explique que les partis politiques ne cherchent pas l’appui de l’Eglise, sauf dans le domaine diplomatique.

Pas le choix de la Chine

Tsai Ing-wen, 59 ans, est la première femme élue présidente de la République de Chine (RDC, le nom officiel de Taïwan). Son parti, le DPP, est né du combat pour la démocratisation de Taïwan dans les années 1980, et nombre de ses cadres ont fait de la prison. La formation joue la carte de la fermeté et de l’indépendance face au voisin de la République populaire de Chine, qui considère toujours l’ancienne Formose comme faisant partie de son territoire national.

Le Saint-Siège a reconnu Taïwan en 1998. Il entretient depuis des relations officielles avec l’île, alors qu’il n’en entretient pas avec la Chine continentale (cath.ch-apic/ucan/lm/rz)

 


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