Mgr Jean-Clément Jeanbart, métropolite melkite d’Alep, rappelle pour sa part qu’en Syrie, les chrétiens sont une minorité en pays d’islam. Il y a deux ou trois siècles cependant, ils représentaient dans l’ensemble Liban-Syrie entre 40 et 45% de la population. Vers la fin de l’empire ottoman, nombre de chrétiens ont émigré à destination de l’Amérique du Nord et du Sud. Cela a continué au XXème siècle. Dans certains villages où il n’y avait plus de prêtres et de présence d’Eglise, on a assisté à une apostasie générale. Au décès du prêtre, après quelques années, les chrétiens ont dû faire appel au cheikh et sont devenus musulmans.
Un clergé marié exemplaire pour faire avancer la question en Occident
Le fait que les prêtres catholiques de rite oriental soient mariés a beaucoup contribué à la survie de l’Eglise, déclare-t-il à l’APIC. «Les prêtres mariés dans les villages nous ont permis de maintenir la présence chrétienne, la continuité, la tradition, le maintien des sacrements et du service religieux. On est parfois prêtre de père en fils. Avant, souvent on choisissait un homme mûr, sage, respecté et sans reproches. Maintenant, les prêtres se préparent au séminaire, puis ils sont ordonnés.»
«En ce qui concerne les prêtres mariés, notre statut particulier n’est pas menacé: Rome permet ce modèle, qui est une tradition. Nous avons quelque 200 prêtres dans l’Eglise melkite. La proportion de prêtres mariés – déjà plus de la moitié actuellement – connaît une croissance constante et en général, l’image du clergé marié est bonne. Il faut que notre clergé marié soit exemplaire pour aider l’Occident à avancer, car sinon cela risque de beaucoup retarder l’évolution en Europe.» (apic/be)



