Le commerce des biens et services peut constituer une dimension du partage humain ou, au contraire, exacerber les inégalités s’il s’exerce dans l’inégalité, écrit l’Eglise unie au Canada aux participants du Sommet des Amériques qui a pris fin dimanche 22 avril à Québec.
Un commerce juste pour une économie de meilleur voisinage
Ce qu’il faut aux peuples, ce sont des politiques qui rétablissent des relations justes et protègent les communautés responsables, réduisant les inégalités économiques et accordant assez de place à toute la diversité de la création.
Les Eglises du Canada en collaboration avec les organisations de défense des droits de l’homme soutiennent les objectifs de renforcement de la démocratie, de prospérité pour tous et de réalisation du potentiel humain de tous les peuples des Amériques. Mais on ne peut négocier des biens et des services sans faire en sorte que soient protégés les droits des personnes amenées, de gré ou de force, à se déplacer d’une région à une autre. Les Eglises demandent que soient intégrés dans la législation nationale des Etats les droits internationaux relatifs aux travailleurs, aux réfugiés et aux chercheurs d’asile, afin que les peuples déracinés obtiennent une protection efficace des tribunaux en la matière.
Droit des peuples autochtones des Amériques
On ne devrait pas conclure d’ententes prévoyant l’extinction des droits des autochtones relèvent les signataires du message aux membres du Sommet des Amériques. Les Eglises appuient la constitution d’un organisme public indépendant chargé d’appliquer les droits inhérents et territoriaux des autochtones. La reconnaissance des droits et de la dignité des peuples autochtones des Amériques implique des ressources suffisantes pour alimenter une économie locale viable.
Dans beaucoup de pays des Amériques, la dette publique étrangère empêche les personnes appauvries de jouir de leur droit d’accès aux services sociaux Le paiement des intérêts constitue souvent un fardeau injuste pour des peuples en difficulté et un immense obstacle à un commerce mutuellement bénéfique. Les Eglises dénoncent également la libéralisation du commerce agricole, le retrait des subventions dans l’ensemble de l’Amérique latine et les changements apportés au régime foncier, au Mexique, par exemple.
De telles mesures sapent la sécurité alimentaire de certaines populations et forcent des millions de ruraux à s’établir dans des bidonvilles. Même en des endroits plus riches, tel le Canada, les fermiers passent d’une crise à l’autre et leurs communautés nourricières, se voient ravagées, soulignent encore les Eglises canadiennes. (apic/cecc/mjp)




