Brésil: Mgr Orani Tempesta, archevêque de Rio de janeiro, nouveau cardinal brésilien

Un conservateur modéré et… réformiste

Rio de Janeiro, 20 janvier 2014 (Apic) Mgr Orani Tempesta, archevêque de Rio de Janeiro, deviendra le 22 février prochain, à 63 ans, le plus jeune des cardinaux brésiliens. Il possède un profil qui rappelle, sur certains points, celui du pape François. Il s’intègre en tout cas parfaitement dans la vision de ce que souhaite imprimer aujourd’hui le pontife pour le futur de l’Eglise.

Mgr Tempesta dédie depuis longtemps une bonne partie de son attention pastorale à des communautés pauvres et aux questions environnementales, deux thèmes centraux du pontificat de François. Le prélat cistercien est rompu à l’usage des médias et des nouvelles technologies comme instrument d’évangélisation.

Dans le même temps, il s’est toujours montré totalement orthodoxe sur les principaux points de la doctrine de l’Eglise. Farouchement opposé à l’avortement, il est allé, en 2007, jusqu’à la confrontation, sur cette question, avec le ministre de la Santé José Gomes Temporao. «C’est un conservateur modéré, un réformiste, bien dans la ligne du pape François, explique Rodrigo Coppe Caldeira, professeur de Sciences de la Religion à l’Université Catholique de Belo Horizonte, dans l’Etat du Minas Gerais. Il est attentif au rôle des Communautés Ecclésiales de Base (CEB), au mouvement du Renouveau Charismatique et à toutes les facettes de l’Eglise catholique du Brésil».

L’influence de Saint Bernard de Clairvaux

La carrière religieuse de Mgr Orani a commencé en 1968, lorsqu’il a intégré l’abbaye cistercienne de Sao José do Rio Pardo, sa ville natale, dans l’Etat de Sao Paulo. Il en est progressivement devenu l’Abbé. Ce passage l’a profondément marqué, au point de citer régulièrement, au cours de ses homélies, saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), le plus fameux cistercien de l’histoire. «Saint Bernard disait que l’Eglise devait être réunie. Et les cisterciens sont justement apparus pour retourner à l’idéal de pauvreté chrétien», relève-t-il souvent.

Autre influence importante pour le nouveau cardinal, le pape Paul VI (1897-1978), qui a mené à terme le Concile Vatican II et ouvert, dans les années 1960, le dialogue entre l’Eglise catholique et le monde moderne. Le théologien français Teilhard de Chardin (1881-1955), «qui concilie un amour très grand pour la liturgie et une vision progressiste de l’Eglise», fait également partie des références de Mgr Orani.

Il a célébré la messe d’enterrement de Dorothy Stang

Durant quatre ans, de 2004 à 2008, Mgr Orani a été archevêque de Belém, le plus important diocèse d’Amazonie. Il a été amené à gérer l’implication des religieux dans les conflits liés à la terre et à la déforestation dans la région. C’est dans ce contexte qu’en février 2005, le nouveau cardinal a célébré la messe d’enterrement de la sœur américaine naturalisée brésilienne, Dorothy Stang. La religieuse a été assassinée pour avoir défendu des communautés de petits agriculteurs contre les grands propriétaires terriens.

Mais le parcours de Mgr Orani ne surprend guère ceux qui l’ont côtoyé, même si ses proches le présentent volontiers comme un homme empreint d’une profonde humilité. Ainsi Mgr Paulo Celso Demartini, l’actuel Abbé de l’abbaye de Sao José do Rio Pardo, se souvient que lorsque le jeune Orani est arrivé, une Mère supérieure avait assuré: «ce jeune ira loin! Il sera évêque et puis pape». Des affirmations que le jeune homme n’a, d’après Mgr Demartini, jamais prises au sérieux. (apic/jcg/rz)

20 janvier 2014 | 15:40
par webmaster@kath.ch
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