Un conservateur succède à un représentant de la branche «libérale»
Belgique: Mgr Léonard succède au cardinal Danneels à la tête de l’archevêché de Bruxelles
Rome/Bruxelles, 18 janvier 2010 Mgr André-Mutien Léonard, âgé de 69 ans, a été nommé lundi archevêque de Malines-Bruxelles (Belgique) par Benoît XVI.
L’ancien évêque de Namur, qui devient en même temps le nouveau primat de Belgique, remplace le cardinal Godfried Danneels, 76 ans, qui occupait ce poste depuis une trentaine d’années. Si ce dernier, un évêque d’origine flamande, était présenté comme un représentant de la branche «libérale» du collège cardinalice, partisan d’une doctrine sociale avancée, en revanche, le francophone Mgr Leonard est connu pour ses positions conservatrices.
Né le 6 mai 1940 à Jambes, à proximité de Namur, en région wallonne, André-Mutien Léonard a été ordonné prêtre en juillet 1964. Il a effectué ses études à l’Université catholique de Louvain-La-Neuve ainsi qu’à l’Université grégorienne de Rome. Professeur de philosophie à Louvain-La-Neuve de 1970 à 1991, il a également été directeur, pendant plusieurs années, du séminaire universitaire de cette ville nouvelle de Wallonie.
C’est en 1991 que Jean Paul II le nomma évêque de Namur. Sa nomination, près de 20 ans plus tard, comme archevêque de Malines-Bruxelles, marque aux yeux de nombreux observateurs un tournant décisif dans l’histoire de l’Eglise belge, après 30 années de présence du cardinal Danneels.
Mgr André-Mutien Léonard, proche des milieux charismatiques, est particulièrement considéré comme un prélat conservateur et proche de Benoît XVI. Pour autant, s’il s’exprime fréquemment sur les questions de morale et d’éthique, ces positions sont celles du Magistère catholique. Ainsi, intervenant en janvier 2005 devant la presse au Vatican pour présenter le message de Jean Paul II pour le Carême, le prélat belge avait fait part de sa préoccupation devant l’évolution des lois sur l’avortement et l’euthanasie dans son pays.
Avec la nomination de Mgr Léonard, c’est un monument de l’Eglise de Belgique qui part à la retraite. Le cardinal Danneels, cependant, ne devrait pas quitter la scène médiatique. Grand communicant, le cardinal Danneels s’est montré à l’aise partout, que ce soit au Vatican, où il est très écouté, face à la presse et sur les plateaux de télévision, n’hésitant pas à prendre publiquement position sur des sujets de société. Lors de l’élection de Benoît XVI, il n’avait pas caché, en sortant du Conclave, ses réserves sur la personnalité du nouveau pape.
Né en 1933 à Kanegem, dans le diocèse de Bruges, Godfried Danneels a été ordonné prêtre en 1957 et a été nommé par Paul VI (1963-1978) évêque d’Anvers en 1977. Deux ans plus tard, Jean-Paul II (1978-2005) le nomma archevêque de Malines-Bruxelles, avant de le créer cardinal en 1983.
Avec la nomination de Mgr Mutien Léonard, nouveau primat de Belgique, en remplacement du cardinal Godfried Danneels, figure libérale de l’Eglise post-Vatican II atteint par la limite d’âge, c’est à un changement de cap que l’Eglise catholique belge prend part.
Devant la baisse de la pratique religieuse en Belgique, les milieux conservateurs catholiques, en Belgique comme à Rome, ont accusé le cardinal Danneels, d’être le «fossoyeur» de l’Eglise belge. Selon l’Agence France presse, le nouveau chef de file de l’Eglise belge est considéré comme l’un des évêques belges les plus traditionalistes. «Considéré comme un conservateur, intelligent et rigoureux, il s’est vu surnommé par certains «Ratzinger belge», en référence à l’actuel pape Benoît XVI, Joseph Ratzinger». Un certain nombre de prises de positions de sa part dans le passé, notamment sur l’homosexualité, ont provoqué de vives réactions. Le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles a tenu à rassurer les fidèles après l’annonce de sa nomination, qu’il avait du reste anticipée dimanche déjà en Belgique, en la rendant publique. «Ce n’est pas parce que le menu est servi par un autre que le menu a changé», a pour sa part déclaré le cardinal Danneels. (apic/imedia/ag/cp/ami/pr)



