Un crucifix a été replacé dans un couloir de l’école, les «Libres Penseurs» remontent au créneau
Tessin: La guerre des crucifix va-t-elle se rallumer à Cadro ?
Lugano, 4 février 2010 (Apic) Vingt ans après la décision de la 1ère Cour de droit public du Tribunal fédéral à Lausanne, estimant la présence d’un crucifix dans une salle d’école primaire de la commune tessinoise de Cadro contraire à la neutralité confessionnelle imposée aux écoles publiques par la Constitution fédérale, le débat reprend. Un crucifix a été replacé par les autorités communales non pas dans une salle de classe de l’école, mais sur la paroi d’un couloir, rapporte jeudi 4 février le quotidien tessinois «Giornale del Popolo».
Les faits remontent à 1984, quand un instituteur libre penseur avait enlevé de sa salle de classe un crucifix que les autorités communales avaient mis deux semaines auparavant. Il estimait, entre autres, que la présence d’un crucifix dans sa salle de classe constituait une atteinte à la liberté de conscience et de croyance. La commune de Cadro entendait maintenir la tradition de la présence d’un crucifix dans les salles de classe, mais c’est finalement le Tribunal fédéral qui avait été amené à trancher en 1990. Il avait donné tort aux autorités de Cadro.
La commune, à la demande explicite du conseil de paroisse de Cadro, vient donc de réinstaller – pas dans une classe – le crucifix dans le couloir. Evidemment, cette mesure a suscité des réactions diverses au sein du corps enseignant, notamment de ceux qui estiment qu’un crucifix n’a pas sa place dans les bâtiments scolaires. Pour ces derniers, le corridor fait partie intégrante de l’école et sert également de lieu didactique.
Ce n’est pas l’avis du syndic de Cadro, Fabrizio Beretti, qui déclare que la commune a analysé la sentence du Tribunal fédéral, «et nous sommes convaincus que rien n’interdit la présence d’un crucifix dans le couloir de l’école». Il estime que ceux qui sont opposés à cette décision tentent de faire passer les couloirs pour des salles de classe en bonne et due forme, ce qui n’est à ses yeux pas du tout le cas.
Le quotidien tessinois rapporte que les «Libres Penseurs» se sont déjà manifestés par la voix de leur président Roberto Spielhofer. Les «Libres Penseurs» se disent surpris et «étonnés» que le crucifix a été mis sur la paroi du couloir sans que le corps enseignant ni les parents d’élèves n’aient été informés. Pour eux, il s’agit d’un «geste de provocation». Entre-temps, le canton du Tessin, qui tolère habituellement la présence des crucifix, a fait savoir qu’il n’avait aucune compétence en la matière, celle-ci étant du ressort de la commune. (apic/gdp/be)



