Un dialogue «sans condition» est nécessaire
Guinée: L’archevêque de Conakry appelle à la réconciliation nationale
Conakry, 30 septembre 2011 (Apic) Mgr Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry, en Guinée, et co-président de la Commission chargée de la réconciliation nationale (CCR), a appelé, le 28 septembre, le gouvernement et l’opposition à un dialogue «sans condition, au nom de Dieu et au nom des frères et sœurs guinéens».
L’archevêque de Conakry s’exprimait dans le cadre d’une journée de prière, organisée dans 60 différents endroits du pays, par le gouvernement et la CCR. Le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, des membres du gouvernement, des diplomates et de nombreux chefs religieux de la capitale et des préfectures environnantes y participaient.
Selon le site Internet www.aminata.com, Mgr Coulibaly a souligné qu’en Guinée, les régimes politiques et les militaires ne sont pas les seuls à faire des victimes. «Autour de nous, il y a les victimes de mauvais traitements, de corruption ou encore de calomnie», a-t-il déclaré.
L’archevêque a rappelé que la CCR n’est ni au service du pouvoir ni de l’opposition, mais au service de «Dieu et du peuple», ajoutant porter chaque jour dans ses prières toutes les victimes de Guinée, «pour que Dieu leur ouvre les portes du paradis».
Les modèles «traditionnels»
En outre, le prélat a expliqué que les Guinéens sont «condamnés à vivre ensemble»: «Dieu a doté notre pays de richesses, et c’est dans la concorde que nous pourrons en jouir.» Il estime que, pour mener à bien une réconciliation nationale, les chefs religieux ne doivent pas suivre les modèles «importés d’ailleurs», mais les modèles «traditionnels», évoquant la «purification des cœurs, chargé de faire tomber les barrières de la haine et de permettre de marcher sur le chemin de la réconciliation».
Mgr Coulibaly a été nommé co-président de la CCR avec l’imam de la Grande mosquée Fayçal de Guinée, El-hadj Mamadou Saliou Camara, le 15 août dernier, par décret présidentiel du président de la République Alpha Condé.
Plusieurs dictatures
Depuis son indépendance en 1958, la Guinée a subi plusieurs dictatures, durant lesquelles les droits de l’Homme ont été sérieusement bafoués. La dernière en date est celle de Moussa Dadis Camara, un chrétien porté à la tête du pays à la suite d’un coup d’Etat. Le 28 septembre 2009, l’armée avait ouvert le feu sur des civils manifestant pacifiquement contre le pouvoir en place, faisant plusieurs centaines de morts.
Malgré l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé, premier président élu démocratiquement en novembre 2010, la Guinée demeure un pays instable. Les affrontements entre forces gouvernementales et opposants au pouvoir, qui accusent le président de favoriser certains clans, sont légion. (apic/ibc)



