Un document influencé par des lobbies hostiles à l’Eglise
Rome: Le Vatican trouve de «graves limites» au rapport de l’ONU sur les abus sexuels
Rome, 7 février 2014 (Apic) Dans une note détaillée diffusée le 7 février sur Radio Vatican, le Père Federico Lombardi réaffirme la disponibilité au dialogue du Saint-Siège mais formule trois vives critiques à l’encontre des recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège dénonce notamment l’influence dans le rapport des Nations unies «d’ONG bien connues, hostiles a priori à l’Eglise catholique et au Saint-Siège».
Si le Père Lombardi reconnaît l’importance du rôle des Nations unies, il reproche toutefois au Comité des droits de l’enfant de «graves limites» dans son rapport, remis trois semaines après l’audition d’une délégation du Saint-Siège à Genève. Ce document revenait en détails sur l’avancée des efforts du Vatican dans la lutte contre la pédophilie et les crimes à l’encontre des enfants, accusant le Saint-Siège d’importantes failles et de faits remontant parfois à plus de 10 ans.
Aux yeux du jésuite, le rapport fait preuve d’une «grave incompréhension de la nature du Saint-Siège», certes complexe, mais expliquée de façon détaillée depuis de nombreuses années. «N’est-on pas capable de comprendre, s’interroge-t-il, ou ne veut-on pas comprendre?»
Par ailleurs, selon le porte-parole du Vatican, «la façon de présenter les objections et l’insistance sur différents cas particuliers semblent insinuer qu’une attention plus grande a été accordée à certaines ONG bien connues, hostiles à priori à l’Eglise catholique et au Saint-Siège, qu’aux positions du Saint-Siège». L’association SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests), particulièrement active, est certainement visée par cette critique.
L’ONU est allée «au-delà de ses compétences»
Le Père Lombardi reproche au comité d’être allé «au-delà de ses compétences» en allant sur le terrain des «positions doctrinales et morales de l’Eglise», concernant notamment la contraception et l’avortement. Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU à Genève, avait formulé les mêmes critiques après la publication du rapport, dans une interview au ton particulièrement sévère, diffusée elle aussi sur Radio Vatican.
En outre, pour le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, «le ton, le développement et la publicité» du document onusien sont «absolument anormaux» par rapport à la façon dont sont traités les cas des autres Etats. Le Père Lombardi, qui rappelle le peu de poids d’ordinaire accordé aux recommandations du comité et le peu de cas fait aux situations de certains pays où les droits des enfants sont véritablement bafoués, précise que les Nations unies se sont attirées des «critiques graves et justifiées».
La veille, le Père Hans Zollner, responsable du Centre pour la protection de l’enfance de l’Université Grégorienne, institué suite à un symposium sur ce sujet organisé à Rome en février 2012, avait affirmé à Radio Vatican «qu’aucune autre institution mondiale n’a, comme l’Eglise, autant essayé d’aller de l’avant dans la lutte contre les abus sexuels». Basé en Allemagne, le centre dirigé par le père jésuite pourrait être prochainement être installé à Rome. (apic/imedia/mm/bb)



