Allemagne: Kirchentag sur fond d’abus sexuels
Un évêque chahuté
Munich, 18 mai 2010 (Apic) L’Eglise catholique en Allemagne est confrontée à une «profonde crise de confiance» en raison des scandales d’abus sexuels par le clergé», a-t-on constaté lors du Kirchentag œcuménique, une convention d’Eglise qui a attiré plus de 130’000 personnes à Munich, en Allemagne.
«Nous espérons que cette crise conduira à un partenariat nouveau entre les laïcs, les prêtres et les évêques», a déclaré Alois Glück, président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), une organisation de laïcs, dans son discours lors de la clôture du Kirchentag œcuménique, tenu du 12 au 16 mai dans la capitale bavaroise.
Le rassemblement de Munich – planifié plusieurs années à l’avance – était organisé par le ZdK et le Kirchentag protestant allemand afin de montrer qu’il existe des terrains d’entente entre chrétiens dans un pays où les traditions catholique et protestante représentent chacune environ 30% de la population.
Lors d’un forum spécial organisé au Kirchentag à la dernière minute pour aborder la question des abus sexuels, le père Mertes a déclaré que les victimes sont confrontées à la fois aux abus qu’ils ont subis et à l’incapacité de l’institution à traiter les abus. «Le second aspect est souvent plus douloureux aujourd’hui que le premier», a affirmé le père Mertes.
Le prêtre jésuite a été chahuté par le porte-parole d’un réseau de victimes d’abus lorsqu’il a commencé à s’adresser aux plusieurs milliers de personnes présentes au forum.
Le père Mertes a indiqué que les intérêts des victimes devaient prévaloir sur l’image de l’institution. «Toutes les tentatives effectuées par l’institution pour se poser en victime des auteurs d’abus ou, pire encore, en victime des victimes, sont complètement déplacées», a-t-il affirmé.
Un autre intervenant, le théologien et psychothérapeute Wunibald Müller, a appelé de ses vœux des réformes, affirmant que les femmes prêtres seraient un «enrichissement» pour l’Eglise catholique. En laissant les femmes accéder aux positions dirigeantes, l’Eglise serait mieux à même de traiter la question de la sexualité, a-t-il affirmé.
L’évêque catholique de Trèves Stephan Ackermann, qui a été désigné par les évêques de son Eglise pour prendre en main la réponse à apporter aux affaires d’abus, a reçu à la fois des huées et des applaudissements lorsqu’il a déclaré que les scandales étaient utilisés à des fins politiques pour exiger des réformes dans l’Eglise. «Les victimes ont été écartées en faveur d’autres questions de politique ecclésiale», a-t-il affirmé. «Je suis scandalisé par la tournure que prend la situation». (apic/eni/pr)



