Un évêque fidèle à la majorité indienne marginalisée

Très vite, il construira des bases pastorales solides à partir de la revalorisation des cultures autochtones d’origine «maya». Une conversion face à la réalité de la misère de la majorité indigène marginalisée, confrontée au bastion des propriétaires terriens, marchand de bois et planteurs de café.

Infatigablement, depuis plus de trois décennies, malgré les menaces et les campagnes de dénigrements, l’évêque de San Cristobal de las Casas, a fait sienne la cause des «Indios», en particulier celle des peuples indigènes du Chiapas, opprimés, marginalisés d’entre les marginalisés. Son attitude pastorale déterminée lui vaudra une admiration qui dépasse les frontières mexicaines, mais aussi l’hostilité des adversaires de l’émancipation économique et politique des Indiens. Le 4 novembre 1997, sur la route San Cristobal-Tila, des francs-tireurs embusqués tirent sur sa voiture. Il n’est pas touché, ni son auxiliaire, Mgr Raul Vera Lopez, qui l’accompagnait. Par contre trois catéchistes ont été blessées.

Mgr Ruiz préside depuis trois ans la Commission nationale de médiation (CONAI) entre les insurgés zapatistes de l’EZLN et le gouvernement mexicain. Comme il le déclarait mardi dans l’»Avvenire», le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, les accords dits de Saint-André, déjà signés par les deux parties, ne représentent qu’une étape d’une tractation qui doit comporter d’autres sessions. Mais elles ont été interrompues, parce que, continue Mgr Ruiz, les zapatistes mettent entre autres comme conditions la fin de la violence contre les Indiens, la libération de prisonniers politiques et la possibilité de traiter avec une nouvelle délégation du gouvernement dotée d’une capacité de décision. L’évêque ajoute que les zapatistes n’ont pas violé le cessez-le-feu. (apic/ba)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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