«Un formidable message d’espérance adressé aux catholiques»

France: Présentation de l’encyclique «Caritas in veritate» par le cardinal André Vingt-Trois

Paris, 7 juillet 2009 (Apic) Présentant la première encyclique sociale du pape Benoît XVI «Caritas in veritate», mardi 7 juillet au siège de la Conférence des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, l’a qualifiée de «formidable message d’espérance que le pape veut adresser aux catholiques et, plus largement, à ’tous les hommes de bonne volonté’».

Pour l’archevêque de Paris, «ce message d’espérance est le suivant: l’humanité a la mission et les moyens de maîtriser le monde dans lequel nous vivons. Non seulement elle n’est pas soumise à une fatalité, mais encore elle peut transformer ce monde en agissant sur les événements et faire progresser la justice et l’amour dans les relations humaines, y compris dans le domaine social et économique, et même dans une période de crise comme celle que nous connaissons».

Cette espérance se fonde sur une conviction, poursuit le cardinal Vingt-Trois: «dans l’univers, l’être humain a une dimension particulière qui lui permet de n’être pas soumis à la domination mécanique des phénomènes, qu’ils soient naturels ou économiques et sociaux. Il assume cette dimension particulière dans la mesure où il reconnaît qu’il se reçoit dans une relation à un plus grand que lui, un Absolu, plus grand que chacune de nos existences. Tout homme, qu’il soit croyant ou non, doit bien prendre position sur la question d’un jugement moral qui dépasse ses intérêts particuliers et dont sa conscience est le témoin. Bien sûr, pour les croyants, cette référence à une transcendance a un nom, c’est Dieu!»

Pas un catalogue de solutions, mais une stimulation

Le cardinal estime que ce livre de plus de cent pages n’est évidemment pas «un catalogue de solutions», mais sur beaucoup de sujets de la vie sociale, «l’encyclique est une stimulation pour exercer le jugement moral et pour mettre en œuvre les critères de ce jugement».

L’un des thèmes centraux de tout l’ouvrage est le développement. La démarche du pape sur le développement s’inscrit d’abord dans la tradition de la doctrine sociale de l’Église, au moins pour la période moderne qui remonte à la fin du XIX° siècle avec l’encyclique de Léon XIII «Rerum Novarum» de 1891. Dans cette relecture historique, il accorde une attention très particulière au Concile Vatican II, notamment la Constitution «Gaudium et Spes», et à l’encyclique de Paul VI «Populorum Progressio» de 1967, consacrée au «développement intégral» de l’homme. «Intégral», souligne le cardinal Vingt-Trois, cela veut dire qui concerne la totalité de la personne dans chacune de ses dimensions.

Benoît XVI fait ensuite une lecture de la situation présente à la lumière de ce programme vieux de plus de quarante ans. Il relève les progrès qui ont pu être accomplis, mais il souligne aussi l’aggravation de certaines situations, notamment dans l’écart croissant entre une richesse de plus en plus grande pour certains – individus ou pays -, et une pauvreté de plus en plus profonde entre les pays et à l’intérieur de chaque pays.

Le pape souligne qu’il n’y a aucun domaine d’activité humaine qui échappe à la responsabilité morale, «ni le domaine économique, ni le domaine financier, ni le domaine technologique, ni le domaine de la recherche scientifique». La moralité et donc la valeur spécifiquement humaine des actions entreprises ne peut pas être seulement une question que l’on pose a posteriori quand tout est fini et décidé, relève Mgr Vingt-Trois, pour aménager des corrections aux marges. «Elle est inhérente à la totalité de la démarche, elle doit en être un élément constituant permanent. Elle repose sur une évaluation des finalités visées et des moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs. C’est la question du sens de l’action humaine personnelle et collective. La justice et le bien commun sont les deux critères pour évaluer ce qui est conforme à un développement vraiment humain».

La mondialisation, chance pour les uns, catastrophe pour les autres

Le deuxième point mis en exergue par l’encyclique concerne la réflexion sur la mondialisation et son rapport au développement. L’extension de la mondialisation pose des conditions nouvelles pour le développement en raison des interconnexions accrues et de l’internationalisation des échanges économiques et financiers.

Cette situation conduit à examiner un certain nombre de questions, ce que fait l’encyclique: le risque de laisser se développer une internationalisation exclusivement économique et financière et de négliger les dimensions sociales et culturelles de ce phénomène. La mondialisation a représenté et représente une chance pour un certain nombre de pays émergents. Elle a été et elle est aussi une catastrophe pour d’autres pays, faute d’une régulation internationale.

Cette encyclique, «imposante par sa taille et la multiplicité des sujets qu’elle aborde», est cependant unifiée par une perspective générale sur la responsabilité dans l’action économique et sociale, poursuit le cardinal Vingt-Trois. «C’est le service de l’homme qui est le critère ultime et définitif du projet social. Ce n’est pas l’homme qui est au service d’un projet social». Aux yeux de l’archevêque de Paris, cette encyclique est le commentaire d’une loi fondamentale de la doctrine sociale de l’Eglise: «pour tout l’homme et pour tous les hommes». (apic/com/be)

7 juillet 2009 | 15:56
par webmaster@kath.ch
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