Berne : La «Maison des religions » est dans ses murs
Un grand rêve matérialisé dans le béton et le verre
Berne, 3 juillet 2014 (Apic) Le rêve de papier de la «Maison des religions» de Berne s’est matérialisé en un édifice de verre et de béton. Les cinq communautés religieuses parties prenantes au projet ont pris possession, le 3 juillet 2014, des murs encore bruts du grand bâtiment de l’Europaplatz.
D’ici six mois, le temps d’achever les aménagements intérieurs, la «Maison des religions» devrait ouvrir ses portes aux fidèles. Avec un seul hic, il manque encore 1,5 million de francs à la fondation pour payer les travaux sans devoir être contrainte de solliciter des prêts coûteux.
Dans les murs de béton gris, derrière les hautes façades de verre, il est encore assez difficile d’imaginer un temple hindou, une mosquée, une chapelle chrétienne, un temple bouddhiste et une salle de prière pour les alévis. Si chaque communauté disposera de son lieu de culte propre, un volume très important a été réservé aux espaces communs propices à la rencontre. Car la maison se veut surtout un lieu d’échanges religieux et culturels. La diversité de la foule présente à l’inauguration en donnait un avant goût.
Outre les célébrations religieuse les initiateurs imaginent déjà des spectacles, des concerts, de la danse, des débats et bien sûr des repas. Tant il vrai que la cuisine est un message, comme l’a rappelé un représentant des hindous.
Un temple hindou ‘grandeur nature’
Les deux principaux espaces ouvrant sur l’Europaplatz place seront réservés au temple hindou et à la mosquée. Les hindous se réjouissent particulièrement d’avoir enfin autre chose qu’un temple en miniature, relégué au fond d’une zone industrielle. Quant à la mosquée, elle devrait aussi avoir fière allure avec sa large tribune réservée aux femmes. Pour les chrétiens la chapelle sera résolument multiconfessionnelle. Elle accueillera entre autres les orthodoxes éthiopiens qui y célébreront régulièrement leur liturgie.
Un marteau et des clous
Pour le président de la Fondation, Guido Albisetti, cette étape est un grand pas en avant pour la réalisation de ce beau projet. Il a remis symboliquement un outil à chacune des communautés présentes : une truelle, un marteau et des clous, un niveau, un rouleau à peinture… Car c’est en effet à chacune des communautés d’assurer l’aménagement et la finition de ses locaux. La fondation s’occupera des espaces communs.
Le président s’est plu à citer une lettre de soutien très élogieuse de l’Office fédéral de la culture qui s’était montré très critique au départ du projet. Quant au parlement de la ville de Berne, il a refusé de biffer le 5 juin dernier sa contribution annuelle de 200’000 francs. Guido Albisetti a espéré que ces exemples fassent des émules afin de permettre l’achèvement des travaux. (apic/mp)



