Philippines: Grande foule pour les obsèques du missionnaire assassiné Fausto Tentorio
Un homme engagé aux côtés des peuples autochtones
Kidapawan, 25 octobre 2011 (Apic) Quelque 15’000 personnes rassemblées dans la cathédrale de Kidapawan, aux Philippines, ont assisté mardi 25 octobre à l’enterrement du Père Fausto Tentorio. Ce missionnaire italien de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères (Pime), âgé de 59 ans, a été assassiné le 17 octobre dernier devant sa maison paroissiale d’Arakan, dans la province de Cotabato-Nord, sur l’île de Mindanao.
Le Père Fausto est né le 7 janvier 1952 à Santa Maria di Rovagnate, dans la province de Lecco, en Lombardie. Il a été ordonné prêtre en 1977. Pendant plus de 31 ans, il a servi comme missionnaire aux Philippines, dans les paroisses de Tulunan, Cotabato, Sultan Kudarat et Arakan. A sa mort, les médias l’ont qualifié de «prêtre écologiste», défenseur des droits de l’homme, «militant contre les industries minières», «protecteur des minorités culturelles», a rappelé le 27 octobre Mgr Romulo De La Cruz, évêque de Kidapawan, qui présidait les funérailles du Père Tentorio. Mais surtout, a-t-il souligné, «il aimait les gens avec qui il vivait et cherchait à les servir au mieux, aussi face au danger».
«Tatay Pops», le «petit Père»
«Si je devais dire un seul mot en souvenir de lui, ce serait ’passionné’: le Père Tentorio se consacrait à sa mission aux côtés des peuples autochtones avec une grande passion, vêtu comme eux, il avait appris leur langue et leur culture. C’est pour cela qu’il était très connu et que son assassinat a provoqué une forte réaction parmi les gens. Des milliers de voix réclament justice pour le Père ’Pops’», a déclaré à l’agence de presse missionnaire MISNA le Père Angel Calvo, missionnaire clarétain depuis des années sur l’île de Mindanao. Le Père Calvo connaissait «Tatay Pops», le «petit Père», comme était surnommé le missionnaire du Pime, assassiné par un inconnu qui l’attendait à la sortie de la paroisse lundi matin 17 octobre dernier.
«Le risque fait partie de notre mission», a déclaré le Père de Giovanni Re, supérieur provincial du Pime aux Philippines. Dans une homélie consacrée au missionnaire assassiné, célébrée dimanche dans la cour de la paroisse de Notre-Dame d’Arakan, il a dit son espoir «que ce sacrifice nous aidera à remplir la mission pour laquelle nous avons été appelés. Je sais que parfois notre volonté s’affaiblit, mais nous devons prier le Seigneur pour nous donner courage et force».
L’enquête menée par les autorités locales n’a pas encore abouti à des résultats concrets. L’autopsie montre que le Père Tentorio a été assassiné par un tueur bien préparé, mais on ne sait rien sur les commanditaires du crime. Certaines hypothèses concernent l’engagement du Père Tentorio contre les injustices et les discriminations, ce qui lui aurait coûté la vie.
Troisième religieux du PIME assassiné à Mindanao
Lundi 24 octobre, plus de 20’000 personnes s’étaient déjà rassemblées dans trois villes de l’île de Mindanao – Davao, Makilala et Kidapawan – pour demander «justice et transparence» pour le Père Tentorio. Des religieuses, des prêtres, des membres des tribus, des paysans ainsi que trois évêques de différentes confessions ont manifesté et prié face au Quartier général de l’Armée à Kidapawan, réclamant la fin de l’impunité pour les auteurs d’exécutions sommaires. C’est le troisième religieux de cette institution assassiné sur cette île après les meurtres des Pères Tullio Favali en 1985 et Salvatore Carzedda en 1992. D’après les autorités de police chargées de l’enquête, ce meurtre serait l’œuvre de tueurs professionnels. (apic/rva/misna/aed/be)



