Bangladesh: Encore une catastrophe dans une fabrique de vêtements

Un incendie fait 9 morts et plus de 50 blessés durant la nuit

Dacca, 8 octobre 2013 (Apic) Un grave incendie a provoqué durant la nuit du 8 au 9 octobre 2013 au moins neuf morts et plus de 50 blessés parmi les ouvriers d’une fabrique de vêtements au Bangladesh. La catastrophe s’est déroulée en dehors des horaires de travail officiels et confirme la réalité des heures supplémentaires, habituellement niée par les responsables des usines du secteur.

L’incendie a dévasté la fabrique Aswad, située dans le faubourg industriel de Gazipur, près de la capitale Dacca. Deux autres usines voisines ont également brûlé, rapporte l’agence d’information catholique Misna.

Le risque d’accidents sur les lieux de travail reste réel, alors que le pays a subi ces derniers mois des pressions tant internes qu’internationales pour opérer des changements concrets. Les conditions de travail des ouvriers textiles ont été tragiquement dévoilées par l’incendie à Ashulia, près de Dacca, qui avait coûté la vie à 112 personnes le 29 novembre 2012 et causé de graves brûlures et intoxications à des centaines d’autres travailleurs, ainsi que par l’effondrement d’un bâtiment en avril 2013 à Savar, autre zone industrielle, dans lequel plus de 1’100 personnes avaient trouvé la mort.

Exportations vers l’Europe et les Etats-Unis

L’industrie de l’habillement et des accessoires, destinée pour la plupart aux exportations vers l’Europe et les Etats-Unis, représente la principale source de devises étrangères pour le Bangladesh, et un chiffre d’affaires de 16 milliards de dollars par an. Le secteur emploie 4 millions de personnes, surtout des femmes, dans au moins 5’000 usines.

Pourtant, malgré l’importance du secteur pour le pays, les conditions de travail et les salaires restent gravement insuffisants, affirme l’agence Misna. Les ouvriers bengalais du textile font partie des moins payés au monde (leur salaire minimum équivaut actuellement à 28 euros) et les revendications pour une augmentation jusqu’à 75 euros traînent depuis des semaines en grèves, manifestations et troubles, dont certains se sont soldés par des victimes. Le nombre d’heures de travail des ouvriers textiles peuvent arriver jusqu’à 80 par semaine, dans des lieux le plus souvent délabrés et non conformes aux normes d’hygiène et de sécurité. Qui plus est, dans de nombreux cas, les locaux sont le plus souvent fermés afin d’empêcher la sortie des travailleurs avant la fin de leur tournus. (aapic/misna/bb)

9 octobre 2013 | 16:34
par webmaster@kath.ch
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