Un jalon dans le dialogue entre juifs et chrétiens en Suisse

Zurich: Présentation de la «1ère Déclaration officielle commune de juifs et de chrétiens»

Zurich, 27 octobre 2010 (Apic) La Commission de dialogue juifs/protestants (CDJP) a présenté mercredi 27 octobre, en conférence de presse à Zurich, la «1ère Déclaration officielle commune de juifs et de chrétiens». La CDJP a qualifié cette Déclaration de nouveau jalon dans le dialogue entre juifs et chrétiens en Suisse, couronnant 60 ans de dialogue.

Après la fondation, il y a vingt ans, de la CDJP par la Fédération Suisse des communautés israélites (FSCI) et la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), vient le temps d’un «nouveau jalon», écrivent les deux fédérations dans leur Déclaration intitulée «Ensemble sur le chemin du respect».

Cette Déclaration commente la position commune des juifs et des chrétiens dans les chapitres «La liberté», «L’Ecriture» et «La responsabilité commune». Elle sert de base au développement, à la diffusion et à l’approfondissement de la culture du respect et du dialogue. Elle s’adresse aux membres des communautés juives et protestantes, notamment dans les domaines de la prédication, de l’éducation et de la formation.

Une rencontre d’égal à égal «sans être oublieux de l’histoire»

«La Déclaration assied la confiance des juifs et des chrétiens, confiance qui n’a cessé de croître ces dernières années», a souligné le président de la FSCI Herbert Winter devant des représentants des médias à Zurich.

«Le texte témoigne de l’expérience de la Commission de dialogue, expérience que juifs et chrétiens aujourd’hui se rencontrent d’égal à égal, sans être oublieux de l’histoire» a confirmé le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la FEPS.

«L’antisémitisme est aujourd’hui tabou dans le cadre de l’Eglise»

Michel Bollag, co-président juif de la CDJP, a relevé l’importance de cette Déclaration et des déclarations juives-chrétiennes du passé. «C’est en grande partie grâce à elles que l’antisémitisme est aujourd’hui tabou dans le cadre de l’Eglise». L’objectif est «de motiver davantage de juifs à participer à des forums de rencontre juifs-chrétiens, afin que puisse être renforcée la coexistence religieuse pacifique en Suisse».

La Conférence de Seelisberg (*) en 1947 a fondamentalement changé le rapport de l’Eglise évangélique-réformée et de l’Eglise catholique-romaine avec les juifs, a déclaré à cette occasion Herbert Winter, président de la FSCI. Elle a marqué le début d’une fructueuse phase pionnière entre les religions et formé le fondement d’une une coexistence pacifique et du dialogue entre juifs et chrétiens.

Pour Lucie Kaennel, co-présidente réformée de la CDJP, le point central est «le manque d’intérêt de la base réformée» face au judaïsme. Il s’agit maintenant d’éveiller concrètement cet intérêt dans les écoles et les paroisses, chez les pasteurs et les diacres.

La Déclaration commune «Ensemble sur le chemin du respect» peut être commandée et téléchargée sur www.feps.ch.

Il existe également une Commission de dialogue judéo-catholique romaine (CDJC)

Il existe également une Commission de dialogue judéo-catholique romaine (CDJC). Depuis la Conférence de Seelisberg et le document «Nostra aetate» du Concile Vatican II, les développements du dialogue entre juifs et catholiques sont également positifs, confirme-t-on du côté juif. Malgré les soubresauts et l’indignation provoqués au début de l’année dernière par l’affaire de l’évêque intégriste «négationniste» Richard Williamson. A cette époque, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), s’était dite préoccupée par la levée de l’excommunication de l’évêque intégriste britannique. Elle avait cependant estimé que «l’affaire Williamson» ne devait pas porter atteinte fondamentalement aux relations judéo-catholiques en Suisse. La commission de dialogue doit définir une journée annuelle destinée à se souvenir des racines juives dans l’Eglise catholique en Suisse et choisir une date. La Conférence des évêques suisses a décidé, sur l’initiative de la commission de dialogue judéo/catholique-romaine, d’introduire dès 2011 un «Dies Iudaicus» annuel.

(*) C’est à Seelisberg, en Suisse centrale, que s’est tenue la première conférence internationale réunissant des juifs et des chrétiens de diverses Eglises. Tenue du 30 juillet au 5 août 1947, au lendemain de la 2e Guerre mondiale marquée par le génocide des juifs d’Europe, la conférence avait pour but d’étudier les causes de l’anti-judaïsme chrétien. Les «Dix Points de Seelisberg» adoptés à cette occasion allaient influencer de manière déterminante l’attitude de l’Eglise à l’égard de la Synagogue et contribuer à l’ouverture qui a suivi, du document conciliaire»Nostra aetate» jusqu’à nos jours. (apic/be)

27 octobre 2010 | 17:54
par webmaster@kath.ch
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