Brésil : les deux tiers des personnes assassinées sont noires

Un jeune noir a presque quatre fois plus de risques de mourir qu’un blanc

Brasilia, 22 octobre 2013 (Apic) Une étude publiée le 18 octobre par l’Institut de Recherche Économique Appliquée (Ipea), révèle qu’un adolescent noir a 3,7 fois plus de risque de mourir au Brésil. Selon la même étude, un adulte perd quant à lui 1,73 an d’espérance de vie pour cause de violence, soit plus du double (0,71 an) pour un homme blanc.

S’appuyant sur des chiffres publiés par l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques (IBGE), cette étude, intitulée «Sécurité Publique et Racisme Institutionnel» et rédigée par deux chercheurs de l’Institut de Recherche Économique Appliquée (Ipea), révèle également qu’un brésilien noir, à niveau scolaire et caractéristiques socio-économiques égales, a 8 % de risque de plus qu’un blanc d’être victime d’un homicide. L’étude souligne aussi que sur plus de 60 000 personnes assassinées chaque année au Brésil, les deux tiers d’entre elles sont noires.

Carte du racisme

Sur la base du dernier recensement effectué au Brésil en 2010, le taux d’homicide est en effet de 36,5 pour 100 000 habitants alors qu’il n’est que de 15,5 au sein de la population blanche. Pire, d’après l’IPEA, les noirs n’ont guère confiance en la police pour être protégé. La preuve ? En cas d’agression, 61,8 % des noirs ne font pas appel à cette institution. Un chiffre qui tombe à 38,2 % parmi les brésiliens blancs.

Les auteurs de cette étude ont indiqué que les informations vont permettre d’élaborer une carte du racisme du pays, qui sera diffusée au grand public au mois de novembre. (apic/jcg/cw)

22 octobre 2013 | 13:21
par webmaster@kath.ch
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