Menzingen: Mgr Bernard Fellay fait le point sur les 40 ans d’existence de la Fraternité Saint-Pie X
Un langage clair sur les relations avec Rome
Menzingen, 7 octobre 2010 (Apic) Dans un entretien accordé à la «Porte latine», Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X depuis 1994, s’exprime sur les questions relatives aux 40 ans d’histoire de l’institution fondée par Mgr Lefebvre. Il voit dans l’œuvre de la Fraternité «un rayon au milieu des ténèbres».
Quarante ans après la création de la Fraternité Saint-Pie X par Mgr Marcel Lefebvre, le Supérieur général, Mgr Bernard Fellay se dit heureux de pouvoir poursuivre l’œuvre du fondateur: ” les jugements de Mgr Lefebvre étaient si profonds qu’ils restent parfaitement valables.»
Mais le prélat reconnaît aussi que la Fraternité n’est pas en expansion, faute de prêtres: il déplore le fait «de ne pas avoir assez d’ouvriers pour la moisson». Il se réjouit cependant de la bonne entente des œuvres traditionnelles, qu’il considère comme vitale pour la Fraternité.
Défections au sein de la Fraternité
Mgr Fellay reconnaît qu’il y a des défections au sein de la Fraternité, mais son langage est sans ambiguïté: «L’une des meilleures images pour illustrer votre question serait celle de la guerre, ou d’un assaut pendant lequel les hommes tombent sous le feu à votre droite et à votre gauche, et vous n’avez pas d’autre choix que de continuer l’assaut. Il y a un aspect extrêmement dur dans la guerre, notre époque est sans miséricorde pour qui tombe. La souffrance est grande tant pour ceux qui nous quittent que pour nous qui les voyons partir sans moyen de les rattraper.» Mais il reconnaît que les nombreux contacts avec les gens, épisodiques ou réguliers, sont une consolation.
Perception de la Fraternité à l’extérieur
Le Supérieur général reconnaît aussi que la Fraternité est perçue à peu près de la même manière à travers le monde: elle est «honnie par la grande majorité des évêques et appréciée par un petit troupeau d’âmes qui veulent rester fidèles.» La relation avec le Vatican est encore en discussion, et le prélat estime qu’il faudra encore du temps avant que le travail de la Fraternité soit reconnu à sa juste valeur. Il redit son attachement à Rome, même si parfois c’est une épreuve. Les discussions en cours risquent d’être longues, dit-il, mais «les fruits pourraient être quand même prometteurs.» Il ne voit pas l’intérêt pour le Vatican de condamner la Fraternité Saint-Pie X.
Des termes qui reviennent dans les propos de Mgr Fellay sont ceux de fidélité à la tradition et de restauration de l’Eglise. (apic/com/js)



