Tessin: Syro-orthodoxes et coptes unis à leurs frères martyrs
Un musulman qui accomplit des actes terroristes ne respecte en rien le Coran
Lugano, 21 janvier 2011 (Apic) Des représentants de deux communautés chrétiennes originaires du Moyen Orient se sont exprimés dans les colonnes du «Giornale del Popolo», le 20 janvier 2011. Dans le cadre de la Semaine pour l’unité des chrétiens (du 18 au 25 janvier), le quotidien tessinois a donné la parole au prêtre de la communauté de l’Eglise syro-orthodoxe du Tessin et à un diacre de l’Eglise copte.
La communauté syro-orthodoxe compte environ 1’600 fidèles au Tessin. Par contre, la réalité de l’Eglise copte orthodoxe est moindre, avec seulement une trentaine de personnes.
Le regard du Père Unal sur le Moyen Orient
Pour le Père Unal, prêtre de la communauté syro-orthodoxe du Tessin, la situation religieuse en Irak s’est modifiée après la chute de Saddam Hussein. A cette époque, chrétiens et musulmans vivaient en paix et fraternellement. Alors qu’aujourd’hui, un chrétien peut être tué, sans motif, chaque jour, a-t-il confié au quotidien tessinois.
Le fondamentalisme islamique cause également des problèmes aux musulmans eux-mêmes, et il en causera encore. Pourquoi cette difficulté à vaincre le fondamentalisme fanatique, s’interroge le Père Unal, alors que la religion musulmane enseigne la paix, la fraternité et la cohabitation? Un musulman qui accomplit des actes terroristes ne respecte en rien le Coran, ni Dieu lui-même, a-t-il précisé.
A ses yeux, les martyrs de l’Eglise syro-orthodoxe portent des fruits d’unité entre les différentes confessions chrétiennes au Moyen Orient. On le voit dans les demandes de protections des fidèles adressées aux gouvernements, lorsque des personnes marchent ensemble pour protester et exprimer leur solidarité, ou lors de prières communes pour ces martyrs.
Les récents appels de Benoît XVI à protéger les chrétiens persécutés au Moyen Orient concernent, en fait, toutes les minorités, y compris les musulmans, a affirmé le Père Unal. Car il existe des endroits où les musulmans, eux aussi, souffrent, a-t-il conclu.
Un problème culturel et éducatif
Pour le professeur Guirguis Mansour, diacre de l’Eglise copte au Tessin, les autorités égyptiennes ont une grande part de responsabilité dans les événements d’Alexandrie, en Egypte. Le reste est à attribuer au terrorisme islamique international, a-t-il expliqué au «Giornale del Popolo». A ses yeux, il s’agit en fait d’une conséquence d’un problème culturel et éducatif qui concerne l’Egypte des soixante dernières années. Déjà à partir de l’école enfantine, a-t-il expliqué, on enseigne une certaine forme d’intolérance et de discrimination. Dans tous les programmes d’arabe et d’histoire, durant toutes les étapes de l’école obligatoire, on montre les chrétiens en général, et les coptes en particulier, comme infidèles et impurs, un ennemi à abattre, a-t-il ajouté. De plus, les imams de différentes mosquées, surtout lors de la prière du milieu du jour le vendredi, tiennent ce genre de discours, non publiés et non officiels, qui favorisent les animosités contre les chrétiens. Des haut-parleurs des mosquées sortent des insultes contre les «disciples du Christ» Intolérance et discrimination font donc partie intégrante du parcours de formation des musulmans des deux dernières générations, a rappelé le diacre.
Aussi, les interventions de Benoît XVI sur la question du Moyen Orient sont certainement utiles pour le professeur. Elles ont vraiment ému l’Union européenne, qui a décidé alors d’intervenir auprès des gouvernements du Moyen Orient. (apic/GdP/cv/ggc)



