Pakistan: La procédure judiciaire se poursuit dans le cas d’Asia Bibi
Un nouveau procès est attendu
Lahore, 30 novembre 2010 (Apic) Le cas d’Asia Bibi, chrétienne condamnée à mort pour blasphème, continuera à être examiné dans le cadre d’une procédure judiciaire normale, sans le raccourci de la «grâce présidentielle». Selon des sources de l’agence catholique Fides à Lahore appartenant à la société civile et au monde politique pakistanais, il semble désormais évident que la procédure judiciaire suivra son cours et que le nouveau procès aura lieu.
C’est à ce niveau-là que se poursuivra l’engagement des Eglises et des organisations de défense des Droits de l’Homme. «Nous sommes favorables au procès parce que nous voulons qu’Asia soit déclarée innocente une fois pour toutes, sans aucune tache et sans ambiguïté. Parce que nous voulons désamorcer les polémiques soulevées par les extrémistes islamiques et affaiblir leurs soulèvements populaires. Nous continuons à suivre le cas et à enregistrer l’approbation et la sympathie de larges secteurs de la société civile, y compris de nombreux musulmans» a expliqué Mgr Sebastian Shaw, évêque auxiliaire de Lahore, à l’agence Fides.
La confirmation du fait que le cas se poursuivra dans un cadre judiciaire fait suite à la décision de la Haute Cour de Lahore, le 29 novembre, de suspendre la peine suite à un pétition de plusieurs avocats. Ces derniers ont demandé à la Cour le respect de la procédure relative à la possibilité d’une grâce présidentielle. La grâce peut en effet être concédée seulement après la conclusion des procès devant les trois degrés de jugement. La Cour a notifié les suites de l’instance aux bureaux des Présidences fédérale et provinciale du Punjab. Les avocats d’Asia Bibi attendent maintenant la date de la première audience du nouveau procès devant la Haute Cour de Lahore.
Fin de la visite de Mgr Tauran
Entre temps, le 28 novembre, s’est conclue la visite au Pakistan du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux. Une visite dont l’Eglise catholique attendait beaucoup. L’archevêque de Lahore, Mgr Lawrence Saldanha, avait souhaité que la mission du cardinal Tauran contribue à résoudre l’affaire Asia Bibi. Il avait demandé une nouvelle enquête «pour s’assurer de façon irrévocable de son innocence» et un procès auprès de la Haute Cour de Lahore.
«Nous remercions le pape de nous avoir envoyé le Cardinal Tauran pour voir de près notre situation et écouter nos problèmes avec une grande empathie, a déclaré Mgr Shaw, le 29 novembre à l’agence Fides. Le cardinal a fait l’éloge des efforts de l’Eglise au Pakistan visant à construire des ponts avec les fidèles musulmans afin de faire croître l’harmonie et la paix dans la société». Le même jour, le cardinal a inauguré un nouveau «Centre pour la Paix» promu par les Pères Dominicains à Lahore, en présence de chefs d’autres religions. Il a également rencontré la Commission pour le Dialogue interreligieux de la Conférence des évêques du Pakistan et a célébré la messe dans la cathédrale de Lahore. Le cardinal Tauran a alors rappelé que «le temps de l’Avent est fait pour accueillir et témoigner Jésus».
Des mots qui, pour la communauté chrétienne au Pakistan, résonnent comme un encouragement, à un «moment critique» où des pressions de groupes islamiques radicaux et des menaces contre les implantations chrétiennes se font jour à Karachi, capitale de la province de Sindh. Le cas du mariage entre un jeune chrétien et une jeune musulmane y a causé des tensions interreligieuses et des intimidations contre les chrétiens. (apic/fides/pa/nd)



