Rome: Stérilité croissante des vocations en Europe
Un nouvel élan missionnaire et évangélisateur nécessaire
Rome, 8 novembre 2011 (Apic) Réunie du 3 au 5 novembre 2011 à Rome, l’Œuvre pontificale pour les vocations a présenté un document intitulé «Orientations pastorales pour la promotion des vocations au ministère sacerdotal». Ce texte, dont l’essentiel a été résumé par l’»Osservatore Romano» du 7 novembre, présente un état des lieux des vocations dans le monde et fournit des pistes pour pallier la stérilité croissante des vocations, dans un contexte de sécularisation des pays d’ancienne tradition chrétienne.
Organisé par la Congrégation pour l’éducation catholique à l’occasion du 70e anniversaire de l’Œuvre pontificale pour les vocations, ce congrès était intitulé: «Je vous ai choisis, prêtres pour notre temps». Après une période de consultations auprès des Conférences épiscopales du monde entier, une trentaine de propositions ont servi à l’élaboration d’un document contenant des «Orientations pastorales», structuré en trois parties. La première analyse la situation actuelle des vocations dans le monde, la seconde présente l’identité sacerdotale, tandis que plusieurs indications pour l’animation pastorale des vocations sacerdotales sont proposées dans la troisième.
«Faiblesse» de la foi
Une attention particulière est accordée à l’analyse des différents facteurs favorables ou non à la naissance des vocations. Selon le document, il apparaît que l’environnement ne doit pas être tenu pour seul responsable de la baisse du nombre de vocations sacerdotales, et ce plus particulièrement dans les pays «d’ancienne tradition chrétienne». «Les causes d’une stérilité croissante des vocations ne sont pas tant à chercher dans l’indifférence ou l’agressivité du monde extérieur, que dans la faiblesse interne du témoignage chrétien et de la foi», peut-on lire.
A cet égard, les participants se sont préoccupés de la situation de l’Europe. Selon l’évêque de Rimini, Mgr Francesco Lambiasi, président de la Commission de la conférence épiscopale italienne pour le clergé et la vie consacrée, l’Europe vit aujourd’hui une «désertification angoissante du sens». C’est pourquoi les chrétiens sont appelés à redécouvrir l’abondance et l’actualité des fruits des racines chrétiennes du Continent.
Un métier parmi tant d’autres?
Le document souligne également que les difficultés liées au contexte actuel peuvent constituer un obstacle au fleurissement des vocations au sacerdoce. Evoquant la baisse démographique, la crise de la famille, une mentalité sécularisée répandue comme autant de phénomènes sociaux et culturels peu favorables aux vocations, Mgr Diego Coletti, évêque de Côme, a relevé les conditions difficiles dans lesquelles se déroulent la vie et le ministère du prêtre.
Le prélat a dénoncé aussi bien la marginalisation de la figure du prêtre que les dérives faisant du ministère sacerdotal «un métier parmi tant d’autres». Enfin, Mgr Coletti a rappelé les effets négatifs du «scandale suscité, dans certains cas, par les comportements gravement immoraux de certains membres du clergé».
Le document recense les conditions nécessaires pour favoriser les appels au sacerdoce. Il cite par exemple l’importance d’une «pastorale intégrée», d’un nouvel élan missionnaire et évangélisateur et insiste sur la responsabilité de la communauté ecclésiale tout entière. (apic/imedia/mm/nd)



