Un ouvrage que les islamistes considèrent comme obscène
Egypte: Des écrivains en faveur de la réédition des «Mille et une Nuits»
Le Caire, 6 mai 2010 (Apic) Les syndicats égyptiens d’écrivains vont porter plainte contre un groupe d’avocats demandant l’interdiction de la réédition des «Mille et une Nuits». Ouvrage considéré comme obscène par les islamistes.
Les syndicats d’écrivains égyptiens s’opposent à la demande d’un groupe d’avocats, influencé par les milieux islamistes, d’interdire la réédition du conte des «Mille et une Nuits».
Ce texte appartenant à l’histoire de la littérature arabe aurait, selon le groupe d’avocats demandant l’interdiction de la publication, un caractère trop marqué par la sexualité. Le texte ferait trop de références au sexe qui «encouragent au vice et au péché ». Les avocats demandent la confiscation de l’ouvrage et la poursuite de ses éditeurs. Selon eux, l’ouvrage viole un article du code pénal égyptien punissant de deux ans de prison les « offenses à la décence publique».
Chaque édition soumise à discussion
Une version des Mille et Une Nuits avait déjà été interdite en Egypte en 1980, et comme il n’existe pas de version définitive du livre, chaque nouvelle édition fait l’objet d’appréciations diverses. Selon la loi égyptienne, chaque citoyen peut porter devant un tribunal ce qu’il considère comme portant atteinte à la morale. Selon les groupes de défense des droits de l’homme en Egypte, de plus en plus d’attaques de ce genre ont lieu depuis une dizaine d’années.
De nombreux écrivains ont dû faire face à des procès de ce type et espèrent aujourd’hui ouvrir un vrai débat sur ces points de droit et sur les valeurs de la société égyptienne. Pour Samia Mehrez, professeure à l’Université américaine du Caire, citée par Al-Masry Al-Youm, ces cas ne sont pas une surprise et sont plutôt le résultat des luttes de pouvoir entre gouvernement et conservateurs religieux. « Dans ce jeu, la culture n’est qu’un pion », déplore-t-elle. (apic/ag/js)



