Triengen (LU): Une école primaire lucernoise obligée de décrocher ses crucifix

Un parent d’élève fait plier les autorités

Triengen (LU), 12 octobre 2010 (Apic) Les crucifix de deux salles de classe de l’école primaire de Triegen ont dû être enlevés suite la réclamation d’un parent d’élève, rapporte le quotidien «Neue Luzerner Zeitung» dans son édition du 12 octobre.

Dans un premier temps, les autorités s’étaient opposées à ce que les crucifix soient ôtés des murs de l’établissement scolaire. Puis, sur le conseil du canton et «tout en sachant que le Tribunal fédéral a rendu un jugement sur le sujet, nous nous sommes rétractés», a déclaré Peter Häfeli, président de la commission scolaire de Triengen.

Directrice adjointe du Département de l’instruction publique du canton de Lucerne, Katrin Birchler affirme pour sa part que les crucifix sont en principe autorisés dans les salles de classe. En cas de problème, le canton recommande alors de se référer à la décision du Tribunal fédéral.

A Triengen, le père de deux élèves sans confession avait contesté la présence de croix sur le mur des salles de classe, alors que 83% des écoliers appartiennent à des Eglises du pays.

Majorité des partis pour la croix

Les jeunes socialistes lucernois ont apporté leur soutien aux autorités scolaires. Au nom de la liberté religieuse, ils estiment que les crucifix n’ont pas leur place dans les écoles. Le PDC, le PLR, l’UDC et les Verts ne sont pas de cet avis, car ils considèrent que la croix fait partie intégrante de notre culture. L’UDC, pour sa part, s’insurge contre le fait qu’on enlève les crucifix alors qu’on tolère le voile islamique à l’école.

Jugement du Tribunal fédéral

En 1990, suite au recours d’un instituteur de la commune tessinoise de Cadro, le Tribunal fédéral avait décrété qu’accrocher des crucifix était contraire à la liberté de croyance des élèves et violait la neutralité religieuse garantie par la Constitution. En novembre de la même année, la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg avait aussi donné raison à une plaignante qui s’était élevée contre les croix dans les écoles publiques italiennes. (apic/job/nd)

12 octobre 2010 | 15:54
par webmaster@kath.ch
Partagez!