Moscou: Pas de pardon de l’Eglise si les profanatrices de Pussy Riot ne se repentent pas
Un pays chrétien doit défendre ses lieux saints, affirme l’archiprêtre Vsevolod Tchapline
Moscou, 28 juillet 2012 (Apic) Il n’y aura pas de pardon de l’Eglise orthodoxe russe si les profanatrices du groupe féministe «Pussy Riot» ne se repentent pas. «Si elles se repentent, l’Eglise changera d’attitude à leur égard, mais nous ne pouvons pas nous ingérer dans les affaires de la justice. Une fois le verdit rendu, nous pourrons donner notre opinion», a déclaré à l’agence de presse russe RIA Novosti l’archiprêtre Vsevolod Tchapline.
«La Russie, en tant que pays chrétien, doit agir de façon résolue lorsqu’un de ses lieux saints est attaqué», a déclaré à RIA Novosti l’archiprêtre Tchapline. Le président du Département synodal des relations de l’Eglise orthodoxe russe avec la société commentait la situation du groupe «Pussy Riot», dont trois membres sont en détention provisoire suite à une «prière punk» dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.
Les profanatrices doivent reconnaître leur faute
«Si quelqu’un m’insulte, je lui pardonnerai. Mais si quelqu’un insulte ma foi ou mon Dieu, j’attends qu’il change de position et reconnaît qu’il a commis une faute», a-t-il souligné dans une interview accordée à RIA Novosti. Le 21 février 2012, cinq membres du groupe féministe «Pussy Riot», portant des cagoules, ont improvisé une «prière punk» devant l’autel de la cathédrale. Dans ce haut lieu de la religion orthodoxe situé dans le centre de Moscou, elles demandaient à la Vierge Marie de «chasser Poutine».
Trois membres du groupe – Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans – encourent une peine de sept années de prison pour «hooliganisme». Un tribunal de Moscou vient de décider de prolonger leur détention provisoire pour un délai de six mois. Des personnalités appartenant au monde de la culture, des journalistes, des blogueurs et autres personnalités publiques, ont certes admis que leur «performance» dans la cathédrale était choquante. Ils ont cependant dénoncé la sévérité manifestée par la justice russe à l’égard des membres du groupe.
Manifestations de soutien à l’Eglise orthodoxe russe
S’il y a eu des manifestations de soutien aux membres du groupe punk devant les tribunaux, des centaines de personnes se sont rassemblées le 22 juillet sur la place Souvorov de Moscou pour défendre l’Eglise orthodoxe russe. En juin dernier, des députés de la Douma – la chambre basse du Parlement russe – ont demandé la modification du code pénal russe. Membres de «Russie unie», le parti du président Vladimir Poutine, ils veulent des peines plus sévères pour ceux qui offensent les sentiments religieux. (apic/rianovost/be)



