La région de Bunia est aux mains d’une armée d’occupation ougandaise, qui intègre également des éléments congolais issus des mouvements rebelles. Le chef du RDC, le Rassemblement congolais pour la démocratie, l’une des branches de la rébellion, le Prof. Ernest Wamba dia Wamba, a pris ses quartiers à Bunia. En ville, le gouvernement est dirigé par des Congolais, mais la sécurité relève de l’armée ougandaise. L’Est du Congo est totalement coupé de l’Ouest, sous contrôle du gouvernement de Kabila. Il n’y a plus ni contacts ni échanges avec Kinshasa: c’est la rébellion qui dirige les régions conquises, d’où l’Etat central (Kinshasa) est totalement absent. Il est impossible de passer par Kinshasa pour se rendre dans la partie orientale du pays.
Un pays coupé en deux, Bunia occupée par l’armée ougandaise
Une activité économique paralysée
Sur place, la population n’utilise pas la monnaie ougandaise, mais trois sortes de monnaies nationales: l’ancien zaïre et le nouveau zaïre, utilisés du temps de Mobutu, et le franc congolais instauré par le président Kabila. Sans compter l’omniprésence du dollar, qui vaut aujourd’hui à peu près un million de zaïres, avec lesquels on peut acheter l’équivalent d’un pain! Les gens ne gagnent plus rien, car Bunia est une région agricole. Les professeurs, les instituteurs et les moniteurs dans les écoles, ne sont plus payés. Déjà sous Mobutu et Kabila, ils ne recevaient pas de salaires, mais devaient se contenter pour vivre des écolages payés par les parents. Mais aujourd’hui, les gens n’ont plus rien, car le travail des champs s’est arrêté. (apic/be)



