Congo: Pour un responsable religieux, les groupes armés étrangers doivent quitter le pays
Un pays déchiré par la militarisation des mines
Kinshasa, 23 juillet 2009 (apic) Un évêque demande que les groupes armés étrangers quittent le pays, pour sortir du bourbier dans lequel se trouve la République démocratique du Congo.
Mgr Pierre Marini, président national de l’Eglise du Christ au Congo, est appuyé dans sa position sur la question de l’ingérence étrangère dans le pays par un rapport de l’organisation Global Witness, qui affirme que «la militarisation des mines de l’est de la République démocratique du Congo prolonge le conflit armé qui déchire le pays depuis plus de 12 ans».
Sur son site web, Global Witness affirme «mettre au jour l’exploitation corrompue des ressources naturelles et des systèmes commerciaux internationaux». L’organisation est financée par des dons de sociétés, de fondations, d’organisations de développement et de gouvernements, ainsi que par Trocaire, l’agence officielle de développement de l’Eglise catholique en Irlande.
Mgr Marini s’exprimait lors d’un rassemblement de femmes à Kinshasa, capitale de la RDC, qui s’est déroulé sur le thème «Le leadership transformateur pour la paix, la guérison et la réconciliation».
A l’occasion de ce colloque, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE) a déclaré aux participantes : «Les Eglises semblent encore reléguer la violence à la sphère privée, et comprennent encore le violence comme étant purement physique.»
Il a ajouté : «Le premier effort à faire – et le plus évident – est de reconnaître que la violence existe. Cela implique de la sortir de la sphère privée et de la placer honnêtement sur les autels de nos églises, sur les sièges de nos parlements et dans les salles de nos académies».
Un pays où les morts se comptent par millions
Le pasteur Kobia et Mgr Marini s’exprimaient alors que les affrontements se poursuivaient au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Les responsables des Eglises de ces deux provinces affirment que, souvent, les groupes armés violent et tuent femmes et enfants, et qu’ils expulsent de leurs foyers les civils qu’ils ne tuent pas.
Le colloque de femmes à Kinshasa – auquel assistait une délégation du COE – a été organisé par la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA). La visite de la délégation du COE s’inscrivait dans le cadre du projet de «Lettres vivantes», qui cherche entre autres à soutenir les populations des zones de conflit.
L’évêque Marini a pointé du doigt les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) comme étant particulièrement responsables du niveau actuel de violence en RDC. Les FDLR sont un groupe rebelle hutu très largement accusé d’exactions au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. D’autres groupes ont été accusés par l’évêque, notamment l’Armée de résistance du Seigneur, de l’Ouganda, l’Interhamwe, milice formée par des réfugiés hutus en RDC, et les nomades Mbororo, originaires du Tchad et du Sud-Soudan. Selon les responsables d’Eglise, plus de cinq millions de personnes ont trouvé la mort dans des affrontements directs ou dans les conséquences du conflit en RDC, et des centaines de milliers d’autres ont perdu leur foyer pendant le conflit, qui a connu plusieurs phases depuis 1996. En 2003, un accord de paix a conduit à la formation d’un gouvernement de transition en RDC, mais les attaques se poursuivent dans l’est du pays, région jouxtant l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie.
Selon de nombreux observateurs, la guerre en RDC porte essentiellement sur ses richesses minérales du pays. (apic/eni/js)



