«Un pédophile ne peut pas être prêtre»
Rome: Pédophilie, la «tolérance zéro» de Benoît XVI
Rome, 16 février 2010 (Apic) La réunion à huis clos de Benoît XVI avec les évêques diocésains d’Irlande, les 15 et 16 février 2010, était la première de ce genre organisée à un tel niveau au Vatican. Si Jean Paul II avait déjà convoqué en avril 2002 les cardinaux américains en plein scandale sur les cas de prêtres pédophiles aux Etats-Unis, Benoît XVI, pour qui «un pédophile ne peut pas être prêtre», s’est montré particulièrement intransigeant en ce domaine depuis le début de son pontificat.
Avant la convocation de l’ensemble des évêques irlandais, Benoît XVI avait déjà appelé en consultation au Vatican, le 11 décembre dernier, le cardinal Sean Brady, président de la Conférence épiscopale irlandaise, ainsi que Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin. A l’issue de cette première réunion, à laquelle participaient déjà des responsables de la Secrétairerie d’Etat du Vatican et plusieurs chefs de dicastère, le Saint-Siège avait alors fait part de la «honte» et du «profond regret» de Benoît XVI devant les «crimes atroces» et «scandaleux» perpétrés pendant une trentaine d’années en Irlande.
Quelques mois plus tôt, début juin 2009, des évêques de plusieurs pays anglo-saxons, dont des Australiens et des Irlandais, s’étaient déjà réunis à huis clos à la Maison Sainte-Marthe, au Vatican, pour évoquer les questions d’actes de violence ou d’abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux sur des mineurs. Le Saint-Siège n’avait pas confirmé cette rencontre mais plusieurs évêques, alors, avaient été invités à rencontrer le pape en privé.
Le pape «honteux»
Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI n’a pas manqué de faire face, parfois avec des termes forts, à la question de la pédophilie au sein de l’Eglise. Ainsi, lors de ses déplacements successifs aux Etats-Unis et en Australie, en avril et juillet 2008, il avait fortement condamné les actes pédophiles commis par des prêtres et avait rencontré en privé quelques victimes d’abus sexuels.
A bord de l’avion qui le menait à Washington, le 15 avril 2008, Benoît XVI avait ainsi évoqué les abus sexuels commis par des prêtres américains, se disant particulièrement «honteux». «Un pédophile ne peut pas être prêtre», avait affirmé le pape devant les journalistes avant de souhaiter que l’Eglise puisse aider les victimes.
Au cours de son séjour aux Etats-Unis, Benoît XVI avait ensuite rencontré en privé une demi-douzaine de victimes d’abus sexuels commis par des prêtres catholiques américains, à la nonciature de Washington. Cette rencontre ne figurait pas au programme initial du voyage.
Les évêques irlandais ont reconnu leurs «erreurs de jugement» et leurs «omissions»
3 mois plus tard, en Australie, Benoît XVI s’était publiquement dit «profondément désolé» suite à certains cas de pédophilie à l’intérieur de l’Eglise. Puis, avant de quitter le pays, il avait célébré la messe, en privé, en présence de deux hommes et deux femmes victimes d’abus sexuels commis par des hommes d’Eglise. Un geste, avait alors confié le Saint-Siège, qui entendait officiellement démontrer la sollicitude pastorale du pape à l’égard des victimes.
Des cas de pédophilie au sein du clergé ont été révélés dans plusieurs autres pays, comme au Canada, en Allemagne et en Irlande. En 2009, des rapports accablants pour l’épiscopat ont secoué particulièrement l’Eglise catholique d’Irlande. Convoqués ensuite par Benoît XVI au Vatican les 15 et 16 février 2010, les 24 évêques en poste en Irlande ont reconnu leurs «erreurs de jugement» et leurs «omissions» dans ces affaires. Dans un communiqué publié au terme de 2 journées extraordinaires de travaux autour du pape, ils se sont aussi engagés à coopérer avec la justice de leur pays. Benoît XVI, qui a de nouveau qualifié la pédophilie de «crime atroce», a souhaité lors de cette réunion que soit rétablie «la crédibilité spirituelle et morale de l’Eglise» dans ce pays. (apic/imedia/ami/be)



