France: Mobilisation contre l'endoctrinement de jeunes djihadistes
Un phénomène en croissance qui laisse les familles désemparées
Strasbourg/Paris, 10 février 2014 (Apic) Une manifestation à Strasbourg et un colloque en banlieue parisienne ont été organisés, le 8 février 2014, pour dénoncer le « lavage de cerveau» des jeunes Français qui partent combattre en Syrie. Un phénomène qui va en s’amplifiant, et qui laisse, selon le gouvernement, les familles totalement désemparées, rapporte le site internet du quotidien français «La Croix».
Ils seraient entre 1’500 et 2’000 jeunes Européens à avoir été enrôlés pour se battre en Syrie, dont un tiers de convertis. «La Croix» évoque notamment l’histoire du fils de Véronique, un catholique non pratiquant qui se convertit à l’islam «pour faire comme ses copains», vivant dans un quartier musulman. Ses parents assistent impuissants à sa radicalisation. A 21, il prend un appartement et ne voit plus sa mère qu’en coup de vent. Elle comprendra plus tard qu’il préparait son départ pour la Syrie.
Presque toutes les familles racontent ce même délitement des relations, l’éloignement qu’on pense dû à l’adolescence, puis la rupture. Elles se disent « abasourdies » ou « sidérées » par le départ de leur enfant.
Féminisation du djihad
Mais alors que le djihad touchait généralement de jeunes hommes, il semble s’être féminisé et étendu avec le conflit en Syrie. «On reçoit beaucoup d’appels de familles musulmanes, pratiquantes ou non, ou de culture chrétienne, dont les enfants, souvent des filles, vivent des conversions ou des radicalisations en quelques mois, confirme ainsi Serge Blisko, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Cela se fait sans réel fondement théologique, sous l’influence des copains. La religion devient soudainement un élément de conflit avec les parents.»
Une démarche «romantique»
Pour le sociologue Samir Amghar, ces jeunes sont empreints d’idéalisme. Ils sont convaincus de se battre pour une «bonne cause». « Depuis deux ans, on entend parler du massacre des populations par Bachar Al Assad, condamné unanimement y compris par la France, sans qu’il se passe grand-chose, poursuit le sociologue. Les jeunes, eux, s’engagent, avec l’idée de sauver des enfants, de défendre un peuple opprimé, de mourir pour leurs idées, en quelque sorte. Il y a beaucoup de romantisme dans leur démarche».
Que faire à leur retour?
Marc Trévidic, juge antiterroriste, relève les questions soulevées par le retour de ces jeunes. «Est-ce qu’on va devoir considérer ces mineurs comme des victimes d’endoctrinement, donc comme des victimes, ou comme des terroristes, des criminels en puissance?» Car même s’ils partent «pleins de bonnes intentions», en fonction du temps passé et du groupe rencontré, ils peuvent devenir un danger à leur retour, dans leur pays, souligne le magistrat. (apic/cx/rz)
Pour lire l’article sur le site de «La Croix»:
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-desarroi-et-la-douleur-des-familles-de-jeunes-djihadistes-2014-02-09-1103845?xtor=EPR-9-%255B1300576224%255D



