Philippines: L'idéologie de l'EI atteint le sud de l'archipel
Un phénomène inquiétant
Zamboanga, 16 octobre 2014 (Apic) L’idéologie et la proposition violente de l’»Etat islamique» sont arrivées dans le sud des Philippines et font actuellement des adeptes prosélytes grâce à d’importants financements étrangers, a indiqué à l’agence d’information vaticane Fides, le Père missionnaire Sebastiano D’Ambra.
Sur l’île de Mindanao, où vivent près de six millions de Philippins musulmans, les tensions sont particulièrement vives. Les attaques menées par le Front national de libération Moro (MNLF) – guérilla musulmane devenue organisation politique qui milite pour l’indépendance du sud des Philippines – en septembre 2013 sont encore dans tous les esprits. «Les blessures sont évidentes, de nombreuses familles continuent d’être évacuées», affirme le missionnaire actif au cœur d’une zone de tensions interreligieuses.
Un terrain fertile pour l’EI
Le gouvernement a souhaité répondre à ces attaques de manière pacifique. Aussi a-t-il présenté une ébauche d’accord de paix qui se trouve actuellement à l’examen au Parlement. Or, «un certain nombre de groupes violents et terroristes continuent à s’opposer à toute hypothèse de paix et se livrent à de la propagande violente. Des groupes tels que les ‘Bangsamoro Islamic Freedom Fighters’ ont proclamé leur appui à l’Etat islamique qui opère en Irak», affirme le Père D’Ambra.
Et le phénomène inquiète parce que «l’idéologie intégriste islamique se mêle au mécontentement social et économique de la population locale où la pauvreté constitue un terrain fertile pour l’adhésion des jeunes. Chaque nouveau militant est en effet récompensé par une forte somme qui provient de l’étranger», ajoute-t-il.
Dans ce contexte, le Père D’Ambra poursuit ses efforts pour instaurer un dialogue islamo-chrétien fondé sur le respect, la collaboration et l’amitié. Le Centre Silsilah, (chaîne ndt) qu’il a fondé, mène une campagne de sensibilisation dans les écoles et les universités et cherche à accroître son rayonnement médiatique – notamment avec le lancement prévu d’une radio qui «sera la voix du dialogue», conclut le missionnaire. (apic/fides/pp)



