DEUXIEME PARTIE
UN PIONNIER DE LA RESISTANCE A L’APARTHEID… ENI-95-100çF (b)
Lors d’une interview accordée au correspondant d’ENI durant une récente
visite aux Pays-Bas, il a affirmé que les Eglises devraient aider le
gouvernement du président Nelson Mandela en approuvant la nouvelle
constitution, en appuyant ses projets de développement, en bref, en
construisant une nouvelle nation.
«D’une certaine fac,on, les Eglises ont aujourd’hui une responsabilité plus
grande que sous le régime de l’apartheid», a souligné C. Beyers Naudé,
«Mais je ne suis pas toujours s#r que les Eglises le voient de cette
fac,on.»
Par ailleurs, les Eglises ne devraient jamais abandonner leur mission
prophétique.
«Si les Eglises sont absolument convaincues que le gouvernement ignore ou
enfreint les vérités et valeurs fondamentales de l’Evangile, elles doivent
dire: ’Désolées, mais nous ne pouvons être d’accord avec vous’.»
«Je vais vous donner un exemple – celui du commerce d’armes, un commerce
très rentable. L’Afrique du Sud est l’un des principaux exportateurs
d’armes dans le monde. Les Eglises ont toujours dit: ’Nous comprenons que
c’est un problème pour le gouvernement, mais nous ne pouvons l’accepter.
L’Afrique du Sud ne peut pas s’enrichir en devenant la cause de morts,
d’assassinats et de guerres dans d’autres pays.’ C’est pourquoi il faut que
l’Eglise fasse entendre une voix prophétique.»
Selon C. Beyers Naudé, l’un des principaux problèmes auquel doit faire face
le gouvernement de Nelson Mandela est le très grand nombre de chômeurs en
Afrique du Sud, pour la plupart de jeunes noirs. L’éducation, tout comme le
logement, sont aussi de grands problèmes.
«Sept millions de noirs sont sans foyer ou vivent dans des taudis. Cette
situation, héritage du système de l’apartheid, doit changer», a souligné C.
Beyers Naudé. «Il est juste de dire que le gouvernement fait tout ce qúil
peut pour traiter de ces problèmes, mais je ne suis pas s#r que des
millions de noirs impatients le verront de cette fac,on. Ils s’attendent à
des miracles – nous votons pour un nouveau gouvernement aujourd’hui, et
demain nous voulons un foyer, une voiture et une bonne éducation …»
«Et pourtant, il y a encore deux problèmes plus importants – la pauvreté et
la propriété de la terre. Franchement, je ne vois pas comment le
gouvernement pourra surmonter ces difficultés en une si brève période. Il
faudra des années pour combler le fossé, créé par l’apartheid, qui existe
entre la riche communauté blanche et la pauvre communauté noire. Pour que
cela se fasse, il faut que le peuple commence à participer à ce processus,
au lieu de le critiquer par-derrière.»
Au journaliste qui l’interrogeait sur ses projets d’avenir, C. Beyers Naudé
a répondu: «En premier lieu, j’espère consacrer toute mon énergie au
rétablissement de la justice économique dans mon pays et à l’amélioration
de la situation des pauvres dans les campagnes. En deuxième lieu, je
voudrais promouvoir le renforcement de la mission oecuménique des Eglises.
Il n’y a pas d’avenir pour une Eglise qui voudrait rester une institution
isolée, en gardant sa structure et ses principes. Toutes les Eglises
doivent relever le défi, et se rapprocher pour, ensemble, construire,
prier, travailler et se sacrifier.»
C. Beyers Naudé prêchera de temps à autre. «Etre au côté des pauvres, des
défavorisés, des chômeurs, fait partie du message dont nous devons
témoigner.» (1045 mots)
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