Malawi: Un pasteur du Malawi renie un couple gay arrêté pour homosexualité

Un problème des Eglises

Blantyre, 7 janvier 2009 (Apic) Le pasteur d’une église du Malawi – dont faisaient partie deux hommes arrêtés pour homosexualité après avoir organisé une cérémonie publique de fiançailles a renié les deux hommes, affirmant qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans sa paroisse.

Tiwonge Chimbalanga et Steven Monjeza ont été placés en détention provisoire par un tribunal le 4 janvier après que le juge Nyakwawa Usiwausiwa eut refusé, pour leur propre sécurité, de leur accorder la liberté sous caution.

« En détention provisoire, les deux accusés sont dorénavant en sécurité. Nous ignorons ce qui pourrait leur arriver si nous leur accordions la liberté sous caution », a déclaré le juge Usiwausiwa aux centaines de personnes venues s’amasser dans le tribunal pour assister à cette affaire, qui est la première du genre au Malawi.

Les deux hommes, qui vivaient ensemble depuis six mois, sont accusés de « pratiques contre nature entre hommes et attentat à la pudeur ». Le procès a été reporté au 11 janvier.

Le couple s’était rencontré dans une paroisse, l’église Abraham, près de Blantyre. Le pasteur de l’église, Ami Nsewa, a déclaré dans le journal Nation le 3 janvier que Tiwonge Chimbalanga assistait aux services en tant que femme et que tout le monde le prenait pour une femme malgré ses traits masculins.

Maintenant que la paroisse s’est rendue compte que c’est un homme, l’église ne l’accepte plus, car elle ne reconnaît pas les mariages homosexuels, a expliqué le pasteur Nsewa.

« Personnellement, je ne peux plus les accepter dans la communauté », a déclaré le pasteur. « L’ensemble de la paroisse l’acceptait en tant que femme, il s’habillait et parlait comme une femme. Nous sommes très embarrassés d’apprendre que c’est un homme. »

Les deux hommes ont été arrêtés le 28 décembre, deux jours après avoir organisé une cérémonie traditionnelle de fiançailles dans le quartier de Chirimba, à Blantyre.

Le 6 janvier, l’organisation de défense des droits de la personne Amnesty International a appelé les autorités du Malawi à libérer immédiatement et sans conditions les deux hommes. L’organisation a protesté contre les tentatives faites par la police de procéder à des examens pour déterminer s’ils avaient eu des relations sexuelles.

Amnesty International a également averti que l’arrestation des deux hommes risquait d’entraîner les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à vivre dans la clandestinité, ce qui rendrait difficile d’obtenir des informations sur la prévention du VIH et sur les services de santé.

L’organisation a rappelé que la Stratégie nationale du Malawi pour le SIDA pour la période 2009-2013 comprenait des mesures impliquant de travailler avec des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, afin de lutter contre la propagation du VIH.

Tiwonge Chimbalanga a déclaré aux journalistes assistant à l’audience au tribunal: « Je n’ai violé aucune loi. » Il a ajouté: « Est-ce mal d’aimer quelqu’un? J’aime Steven et la police aura beau faire pression, cela ne m’empêchera pas de l’aimer. » Tiwonge Chimbalanga s’est dit triste que la police traite le couple en criminels. (apic/eni/js)

7 janvier 2010 | 17:12
par webmaster@kath.ch
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