«Un procès d'intention» selon son recteur
Sion: Prosélytisme religieux au collège des Creusets?
Sion, 17 octobre 2014 (Apic) Le collège des Creuset de Sion serait-il propagandiste? C’est une question que «Le Courrier» de Genève estime fondée. Dans un article paru le 15 octobre 2014, le quotidien se penche sur «les limites d’un système banal dans ce canton catholique» où «la religion conserve une place importante». Or, l’article fait des émules – preuve en est la pleine page que consacre le Nouvelliste à cette affaire, le 17 octobre.
Dans les faits, le Courrier reproche au collège des Creuset d’octroyer à la relgion «une place qu’elle n’a pas ailleurs» – et le quotidien de relayer les plaintes d’enseignants et d’étudiants restés anonymes. Le manque d’objectivité «serait pratiqué» sous des formes diverses et variées: «Prosélytisme, conférenciers controversés, positions homophobes, oppositions aux moyens modernes de contraception.»
Au-delà de l’établissement, c’est son recteur qui est visé par Le Courrier. En substance, des soupçons de prosélytisme pèsent sur Benjamin Roduit, qui est également vice-président du PDC valaisan et candidat à la candidature pour les élections d’octobre 2015 au Conseil national. Il semblerait que le recteur force la main de ses étudiants en rendant obligatoire la participation à certaines conférences de religieux, mais également à des camps «sport et spiritualité», voire à des célébrations eucharistiques.
Le recteur se défend
Benjamin Roduit réagit dans les colonnes du Nouvelliste du 17 octobre 2014. «Cet article est un portrait à charge fait par des anonymes et un procès d’intention. C’est déontologiquement incorrect, à la limite de la diffamation». Le recteur nuance. S’il encourage la participation aux camps à l’hospice du Simplon, «parce que la dimension spirituelle fait partie du bagage d’inspiration chrétienne à transmettre aux étudiants», il relativise son caractère obligatoire: «une simple objection de conscience formulée de manière écrite dispense du camp». Quant aux conférenciers, «il ne viennent pas en fonction des sensibilité du recteur», poursuit l’intéressé.
En filigrane, il en va de la conception de l’enseignement scolaire qui, dans un système fédéraliste, conserve ses spécificités. Au collège des Creusets, les crucifix sont là pour le rappeler. Cette dimension spirituelle ne s’oppose pas au sens critique selon Benjamin Roduit, elles en sont, au contraire, la condition. «Le collège est un lieu de savoir et de débat critique» et ses convictions «permettent de débattre de valeurs d’inspiration chrétienne».
Répercussions politiques?
Le débat se poursuit dans les commentaires de l’article en question sur le site du quotidien Le Courrier. Mais aussi au-delà. «Du côté du monde politique, le président du Parti socialiste du Valais romand, Gaël Bourgeois, a annoncé qu’il déposerait une intervention lors de la session de novembre au Grand Conseil», a indiqué Le Courrier sur son site internet, au lendemain de la parution de son article. «Il entend demander au Conseil d’Etat où se situent les limites en matières de religion à l’école». Reste à savoir si l’exécutif valaisan y donnera suite. Auquel cas, cette affaire prendrait une nouvelle dimension qui ne serait certainement pas du goût de Benjamin Roduit, pour qui «l’école doit transmettre la sérénité et ne pas être au cœur de toutes les tourmentes». (apic/lenouvelliste/lecourrier/pp)



