Lausanne: Action de Carême et Pain pour le prochain déçues par Glencore
Un rapport de durabilité qui n’aborde pas les vrais enjeux
Lausanne, 26 novembre 2012 Les œuvres d’entraide catholique Action de Carême et protestante Pain pour le prochain critiquent le second rapport de durabilité publié le 26 novembre 2012 par la multinationale des matières premières Glencore. La société basée à Zoug est accusée d’omettre les problèmes concrets engendrés par ses activités, notamment l’impact sur l’environnement et les conditions de travail.
«Glencore continue d’aborder la question des droits humains comme une question de charité plutôt que comme une question de responsabilité», affirme le communiqué d’Action de Carême et Pain pour le prochain. Le deuxième rapport de durabilité de l’entreprise, publié quelques jours Après sa fusion avec Xstrata, un autre géant des matières premières, «déçoit» les organisations. Glencore omettrait de parler des «problèmes concrets engendrés par ses activités».
Projets sociaux?
Dans son rapport, Glencore énumère les réalisations sociales mises en place par ses filiales. Elle mentionne des écoles repeintes, ou la reconstruction d’hôpitaux. «Mais elle passe sous silence les problèmes concrets qui résultent de ses activités», relève le texte. Ces omissions seraient particulièrement frappantes en République démocratique du Congo (RDC).
La firme affirme y avoir investi 16,7 millions de dollars pour des projets sociaux. Pourtant, une partie de ces projets sont des investissements commerciaux, regrette les organisations. Ils sont surtout liés aux activités industrielles de Glencore. Il est donc «inadéquat de les classer dans la catégorie de projets réalisés pour les communautés».
Des manquements passés sous silence
Au niveau des droits humains, Glencore passe sous silence la problématique des creuseurs artisanaux actifs dans la carrière de Tilwezembe. La firme ne détaille pas les mesures qu’elle y a prises ou qu’elle entend y prendre pour mettre fin au travail des enfants et améliorer les conditions de travail déplorables.
Au niveau du dialogue avec les communautés, la société zougoise affirme avoir mis en place des mécanismes de plaintes. En RDC, pourtant, aucun des représentants des communautés de Luilu et Musonoi, deux villages situés aux abords des mines détenues par Glencore, n’a entendu parler d’un tel mécanisme. Au contraire les communautés locales déplorent l’opacité et le manque de répondant de la firme. A Musonoi, 20’000 habitants restent pratiquement sans accès à l’eau potable alors même qu’en mars 2011, à la suite de la publication d’un premier rapport de Pain pour le prochain et Action de Carême, la firme avait promis des améliorations.
Manque de transparence
Dans le cadre de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE), Glencore affirme être en faveur d’une plus grande transparence sur les taxes payées. Pourtant, les montants indiqués dans le rapport ne sont même pas détaillés selon les rubriques préconisées par l’ITIE. Plus important encore, Glencore ne révèle pas les informations financières de ses filiales situées dans des paradis fiscaux, des filiales qui lui permettent légalement d’éviter de payer des impôts.
Un changement de cap est nécessaire
Plutôt que de reconnaître les enjeux en matière de droits humains et de montrer ce qu’elle fait pour résoudre les problèmes, Glencore continue d’ignorer les problèmes et de les cacher, déplore le communiqué.
Pain pour le prochain et Action de Carême demandent à la firme zougoise de changer de cap et de «prendre la mesure des exigences que pose une politique de responsabilité sociale crédible et transparente, qui place au centre la notion de droits humains et de respect de l’environnement». (apic/com/rz)



