Etats-Unis: Pays critiqué à cause de sa politique en matière de visas
Un rassemblement mondial d’Eglises réformées concerné par la mesure
Grand Rapids, Michigan, 21 juin 2010 (Apic) Les Etats-Unis sont critiqués pour avoir refusé d’accorder des visas à 10% des délégués attendus à un rassemblement mondial d’Eglises réformées qui se déroule dans l’Etat du Michigan, annonce l’agence ENI du 21 juin.
Le 18 juin, au début du culte d’ouverture de l’Assemblée générale de l’unification de la Communion mondiale d’Eglises réformées (CMER), une bannière sur laquelle était écrit «En l’honneur des 73 absents» a été apportée sur le devant de la salle de conférences du Collège Calvin, à Grand Rapids.
Cette bannière faisait allusion aux 46 délégués votants et aux autres participants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui se sont vu refuser leur visa d’entrée, a expliqué aux fidèles la pasteure Susan Davies, de l’Eglise unie du Christ des Etats-Unis.
«En tant que citoyenne de ce pays, je suis scandalisée par le fait que les consulats des Etats-Unis ont refusé l’accès à un rassemblement œcuménique international parce qu’ils ont peur du terrorisme et de l’immigration illégale», a déclaré la pasteure Davies.
Une bannière pour marquer l’offense faite aux délégués interdits de séjour
La bannière est restée accrochée dans la salle de conférences tout au long des délibérations de la première réunion de cette nouvelle organisation protestante mondiale.
Selon les organisateurs, 450 délégués votants devaient à l’origine participer au rassemblement de Grand Rapids. Cette manifestation, qui se déroule du 18 au 28 juin, marque la fusion entre l’Alliance réformée mondiale (ARM), organisation basée à Genève, et le Conseil œcuménique réformé (REC), basé lui à Grand Rapids.
Lors d’une conférence de presse donnée le 18 juin, la pasteure Ofelia Ortega, une vice-présidente sortante de l’ARM originaire de Cuba, a déclaré que le refus d’accorder des visas à des personnes de pays du Sud aurait des conséquences sur le processus décisionnel à la réunion de Grand Rapids.
Le président sortant de l’ARM, le pasteur Clifton Kirkpatrick, a affirmé que des préoccupations similaires concernant les refus de visas avaient été exprimées quelques semaines plus tôt pour la Conférence mondiale des missions qui s’est tenue à Edimbourg, en Ecosse.
En 2003 déjà
En 2003, les responsables de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) s’étaient déclarés scandalisés par le fait que 51 personnes souhaitant se rendre à Winnipeg pour l’Assemblée de la FLM, qui se tient tous les six ans, s’étaient heurtés au refus des autorités canadiennes de leur délivrer des visas, en dépit des ultimes appels lancés au gouvernement.
«Il est de plus en plus difficile pour nous, dans l’hémisphère nord – en Europe, aux Etats-Unis, au Canada – d’organiser des rassemblements mondiaux en toute intégrité», a déclaré le pasteur Kirkpatrick.
Le président sortant du REC, le pasteur Peter Borgdorff, a déclaré aux journalistes que le refus d’accorder les visas semble «très arbitraire. Il a également affirmé que les autorités fédérales des Etats-Unis avaient «rompu leur engagement» auprès des organisateurs, car elles avaient promis de venir en aide si les consulats ou ambassades des Etats-Unis refusaient d’accorder des visas. «Quand nous sommes venus demander leur aide, nous avons été refoulés», a affirmé le pasteur Borgdorff. (apic/eni/js)



