«Un sévère avertissement pour les Eglises»
Genève, 17 février 2000 (APIC) Le pasteur Keith Clements, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK), estime que les événements d’Autriche – où le parti d’extrême-droite FPO dirigé par Jörg Haider est entré au gouvernement – sont un «sévère avertissement» pour les Eglises du continent. La situation politique actuelle de l’Autriche démontre que les forces de l’exclusion resurgissent en de nombreuses régions d’Europe».
Les Eglises autrichiennes et d’autres pays ont fait preuve en général d’une certaine réserve dans leurs commentaires. L’Eglise catholique romaine, majoritaire dans le pays, a appelé au calme et a demandé que l’Autriche ne soit pas exclue de la communauté internationale, mais n’a pas directement condamné le parti de Jörg Haider. Ceci a provoqué certaines critiques, notamment en Europe occidentale.
Le pasteur Clements va répondre prochainement à la déclaration du Conseil oecuménique des Eglises en Autriche, adressée à tous les Conseils nationaux d’Eglises en Europe. Ce Conseil, qui regroupe les Eglises catholique romaine, orthodoxes et protestantes d’Autriche appelle les Eglises d’Europe «à ne pas isoler l’Autriche mais plutôt à se tenir fraternellement aux cotés des chrétiens» de ce pays. Le Conseil demande aux Eglises d’informer «avec sang-froid et mesure sur les événements d’Autriche en tenant compte de leur contexte. Afin d’apaiser les craintes exagérées, de réagir contre les jugements hâtifs et de renforcer les forces positives qui en Autriche luttent pour le respect des minorités».
Le Conseil «comprend et partage les inquiétudes qui ont entraîné la prise de mesures contre l’Autriche et «se félicite de la vigilance avec laquelle la situation de notre pays est suivie», mais il craint que l’action de l’Union européenne ne conduise à une aggravation de la situation.
Pas de boycottage des Eglises autrichiennes
Selon le pasteur Clements, il n’est pas question d’un boycottage des Eglises autrichiennes par la communauté oecuménique. «Loin de là ! Nous devons exprimer notre solidarité en vue de renforcer le témoignage contre toutes les formes de racisme, de xénophobie et contre la dégradation de la situation des droits de la personne humaine». Le secrétaire général de la KEK signale enfin que «le racisme, la xénophobie et les atteintes aux droits de la personne ne sont pas limités à l’Autriche».
L’Autriche n’est d’ailleurs pas, a-t-il continué, le seul pays dont le passé doit être pris en compte. «En Irlande du Nord, par exemple, les Eglises ont pu jouer un rôle et des responsables religieux ont appelé leurs communautés respectives à se pencher sur leur histoire.» (apic/eni/sb/ba)



