France: Les responsables religieux des pays du G8 et du G20 appellent à de pressantes réformes

Un sommet des religieux avant celui des politiciens

Bordeaux, 25 mai 2011 (Apic) Un sommet a réuni des représentants religieux des différents pays du G8 et du G20, les 23 et 24 mai, à Bordeaux (France). Les participants ont appelé à d’urgentes réformes relatives au changement climatique, à la gouvernance mondiale, au développement et à la paix, ont-ils indiqué le 25 mai, dans une déclaration finale.

Le problème du réchauffement climatique est le plus pressant à régler, estime la quarantaine de responsables religieux qui se sont réunis à Bordeaux. Il reste «une menace imminente primordiale pour la sécurité actuelle et future, ainsi que pour la prospérité du monde», écrivent-ils dans leur déclaration.

Pour ce faire, les participants demandent aux pays du G8 et du G20 de «continuer à développer et à renforcer la réponse globale nécessaire aux défis d’ordre mondial». Ils rappellent que les pays du G20 sont responsables d’environ 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. De ce fait, les pays développés et les plus grands pollueurs doivent prendre la tête du mouvement, pour la réduction des émissions et pour la création d’un fonds financier innovant, chargé de financer les technologies nécessaires à une économie plus efficiente.

La religion peut amener le progrès

Evoquant la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les responsables religieux estiment que les Etats doivent travailler ensemble à garantir le droit à la liberté religieuse, ainsi qu’à l’autodétermination politique. Ils se disent persuadés que l’engagement religieux peut être une force amenant le progrès, malgré ceux qui pensent que la religion peut être source de conflit.

«Le G20 doit ouvrir ses portes aux pays à faible revenu et tout au moins fournir un siège permanent à l’Union africaine, à l’Amérique Latine ainsi qu’aux organismes régionaux d’Asie», demandent les participants au sommet. Ces derniers pensent aussi qu’il est urgent et indispensable d’établir un «solide cadre réglementaire», afin de prévenir de futures crises financières et de protéger les personnes les plus vulnérables.

Les pays du G8 et du G20 ont la responsabilité de s’attaquer à ces problèmes, quand ils apparaissent de manière transfrontalière. De plus, dans le contexte d’austérité actuel, il est impératif que les budgets d’aide soient maintenus. Ces derniers doivent même augmenter, afin que les pays honorent leurs promesses d’y consacrer 0,7% de leur PIB, exhortent les responsables religieux.

Pour eux, il est aussi important que la communauté mondiale reconnaisse la nécessité d’offrir à tous le droit d’accès à la totalité du traitement contre le Sida.

Une tradition depuis 2005

Cette déclaration finale devait être remise le 25 mai au Secrétaire général de la présidence française du G8, Laurent Stefanini, par le métropolite Emmanuel de France, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de l’Hexagone, par le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, et par Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman.

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, président de Pax Christi-France, et Valérie Régnier, de la communauté de Sant’Egidio étaient également présents à ce sommet. Il perpétue une tradition de rencontres, organisées depuis 2005 en amont des sommets du G8 et du G20. Il a donc eu lieu avant celui du G8 de Deauville, les 26 et 27 mai. (apic/com/ag/nd)

25 mai 2011 | 17:20
par webmaster@kath.ch
Partagez!