Un sondage équivoque sur le soutien de l’Eglise à l’avortement

Zürich: Le Conseil de la presse donne raison à l’Eglise catholique contre «20 Minuten»

Zürich, 6 juillet 2012 (Apic) Le Conseil suisse de la presse a partiellement donné raison à l’Eglise catholique à Zürich au sujet d’une plainte déposée contre le quotidien gratuit «20 Minuten». En lançant un «sondage qui peut être interprété d’une façon pour le moins équivoque», en lien avec un article sur l’Eglise et l’avortement, le journal a porté atteinte à la «Déclaration des devoirs et des droits des journalistes», indique le Conseil de la presse dans sa prise de position diffusée le 5 juillet.

A travers un article ayant pour titre «Avortement: le fossé dans l’Eglise catholique s’amplifie», «20 Minuten» avait rapporté le 30 novembre 2011 que le service de conseil Appella à Zürich donnait à certaines femmes des informations sur les possibilités d’avortement, alors qu’il recevait des soutiens financiers depuis quelques années de la part de l’Eglise catholique dans le canton de Zürich. Le quotidien gratuit citait ensuite le porte-parole du diocèse de Coire affirmant que cela ne pouvait être toléré et que l’évêque de Coire allait demander la suspension immédiate des soutiens financiers.

L’Eglise soutiendrait-elle l’avortement?

«20 Minuten» ajoutait un sondage sur internet à l’intention des lecteurs à partir de la question: «Que pensez-vous du fait que l’Eglise soutient l’avortement?». Le vicaire général de Zürich Josef Annen est alors intervenu auprès du journal pour dénoncer la formulation, qui fait penser que l’Eglise catholique soutient effectivement l’avortement. Il a demandé un correctif. Le journal a diffusé le lendemain un avis admettant que le sondage était formulé de façon malheureuse et modifiait sa question: «Que pensez-vous du fait de l’Eglise catholique cantonale soutient un service de consultation sur l’avortement?»

Le 8 décembre 2011, le vicariat général à Zürich déposait une plainte au Conseil suisse de la presse pour «information tendancieuse» et «correction erronée». Il a dénoncé une atteinte à plusieurs points de la «Déclaration des devoirs et des droits des journalistes», en particulier le chiffre 1 sur la vérité et le chiffre 3 sur la dénaturation de l’information. Il était demandé à «20 Minuten» de présenter ses excuses et de publier une prise de position du vicaire général.

Le Conseil suisse de la presse a admis que la première question était de nature à donner aux lecteurs «l’impression mensongère» que la différence de points de vue entre l’évêché de Coire et l’Eglise catholique dans le canton de Zürich ne se limitait pas à une question de soutien à un service de conseil mais à une position libérale face à l’avortement. La question portait donc atteinte au point 1 de la Déclaration (vérité).

Le Conseil de la presse a par contre qualifié de «provocation admissible» la formulation de la 2e question au sujet d’un fait incontestable, à savoir que le service de consultation, qui est financé «au moins de façon indirecte» par le plaignant, donne des informations sur les méthodes d’avortement. (apic/com/job/bb)

6 juillet 2012 | 16:58
par webmaster@kath.ch
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