Rome, le 24 février (ENIçLuigi Sandri) – Alors que les catholiques des Phi-

Un sondage révèle les attentes des catholiques de cinq pays ENI-97-0045çF

lippines appuient la ligne suivie par le pape Jean-Paul II, ceux d’Irlande,

d’Italie, d’Espagne, comme ceux des Etats-Unis, voudraient que soit admis

le mariage des prêtres et l’accession des femmes à la prêtrise. C’est du

moins ce qui ressort d’un sondage effectué en 1996 dans ces cinq pays.

Les résultats globaux et comparés du sondage international (ceux des

Etats-Unis ont été publiés il y a quelque temps), ont été présentés en fin

de semaine à Milan par Gabriele Calvi, directeur de l’Institut Eurisko, qui

a effectué le sondage en Italie, et par Luigi De Paoli, du mouvement international pour la démocratisation de l’Eglise catholique «Nous sommes

l’Eglise».

Sept questions ont d’abord été choisies par le professeur Andrew Greeley, de l’Université de Chicago, et le professeur Michael Hout, de l’Université de Berkeley, en Californie, puis transmises à groupe d’instituts

nationaux dans les cinq pays (aux Etats-Unis, Gallup) et enfin soumises à

un échantillon de catholiques.

Les questions suivantes ont été posées. Elles portent sur les

les changements

qu’attendent

les catholiques de la part du successeur du pape Jean-Paul II: conseillers

lai*cs pour le pape; évêques élus par les diocèses (actuellement, ils sont

choisis par Rome); davantage de pouvoir de décision aux évêques (par

rapport à Rome); la femme-prêtre; le mariage des prêtres; un pape plus

intéressé aux problèmes des gens; un pape plus ouvert aux changements.

Le tableau qui ressort des réponses est diversifié. En Irlande, en Espagne

et aux Etats-Unis, c’est le *oui* au changement qui l’emporte, en Italie,

cela varie, et aux Philippines, unique pays asiatique à majorité

catholique, seulement sur une question. Une seule demande (conseillers

lai*cs pour le pape) obtient la majorité absolue dans les cinq pays:

Irlande 82 %, Italie 52 %, Espagne 76 %, Philippines 68 %, Etats-Unis 77 %.

Deux pays européens, l’Irlande et l’Espagne, demandent avec la même – voire

plus forte – insistance, que les Etats-Unis, l’accession des femmes à la

prêtrise et le mariage des prêtres. Les demandes de changements sont

majoritaires même en Italie, alors qúelles sont sèchement repoussées aux

Philippines.

Voici, en pourcentage, les résultats concernant la femme-prêtre: Irlande 67

%, Italie 52 %, Espagne 70 %, Philippines 17 %, Etats-Unis 65 %. Pour les

prêtres mariés: Irlande 82 %, Italie 63 %, Espagne 84 %, Philippines 20 %,

Etats-Unis 68 %.

Pour les *évêques élus par les diocèses*, on passe d’une pourcentage

maximum (64 %) aux Etats-Unis à un pourcentage minimum (49 %) aux

Philippines et l’Italie. Et pour *d’avantage de pouvoir aux évêques*, d’un

pourcentage maximum (75 %) en Espagne à un pourcentage minimum (36 %) aux

Philippines.

La demande d’un pape *plus intéressé aux problèmes du commun des hommes*

obtient une forte majorité dans quatre pays: (par exemple, 87 % en

Espagne), et une minorité consistante (46 %) aux Philippines. *Un pape plus

ouvert* obtient la majorité dans trois pays: Irlande 79 %, Espagne 71 %,

Etats-Unis 63 %, et la minorité 47 % en Italie et aux Philippines.

L’échantillon de catholiques interrogés – choisis selon des critères

scientifiques, et contactés par téléphone – se situait entre un minimum de

770 personnes aux Etats-Unis et un maximum de 1217 en Espagne.

Certes, écrit la revue d’Eurisko, Social Trends, l’interprétation des

données recueillies *demande une certaine prudence*; par exemple,

l’habitude de répondre aux sondages n’est pas la même aux Etats-Unis qúaux

Philippines.

Toutefois, ajoute la revue, *le sondage fournit des informations

intéressantes sur l’attachement modéré des catholiques à la conception

traditionnelle de l’autorité*.

Par contre, le quotidien de la Conférence épiscopale italienne Avvenire,

ironise sur un *soi-disant sondage sur l’avenir du catholicisme*, qui a

l’ambition de s’interroger sur *l’Eglise de demain. Plus ou moins*.

Pour Luigi De Paoli, *sans exagérer son importance*, le sondage *indique

que les catholiques ordinaires veulent une Eglise ou l’on débatte plus, et

avec une plus grande liberté, pour s’acheminer ensemble sur la voie des

changements*. (669 mots)

25 février 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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