«Un tournant décisif dans l’histoire de l’Eglise catholique du Vietnam»
Vietnam: L’archevêque de Saigon annonce l’ouverture d’une université catholique
Saigon, 16 juillet 2014 (Apic) Lors du changement de régime dans le Sud-Vietnam en avril 1975, les universités catholiques de Da Lat, la plus ancienne, et de Saigon, récemment ouverte, avaient été obligées de fermer leurs portes. Elles sont toujours fermées, comme celles de très nombreuses institutions d’enseignement primaire et secondaire créés par l’Eglise catholique sur l’ensemble du territoire du Sud. Cependant, cet état de choses ne semble pas définitif.
Les choses ne vont en effet pas tarder à changer. C’est ce qu’a déclaré le nouvel archevêque de Saigon, qui est aussi président de la Conférence épiscopale, Mgr Paul Bui Van Doc dans un entretien paru le 14 juillet 2014 avec Vatican Insider, site internet de La Stampa, et repris par l’agence «Eglises d’Asie». Selon l’évêque, la création d’une nouvelle université ne saurait tarder. Elle marquera un tournant historique pour l’Eglise dans ce pays communiste et constituera un pas de plus vers la liberté complète de l’éducation.
Ce projet, dont les évêques ont débattu lors de leur dernière assemblée, devrait devenir très rapidement une réalité. La structure sera prête dans un an. L’ouverture de l’université, a ajouté l’archevêque, marquera un tournant décisif dans l’histoire de l’Eglise catholique du Vietnam. Elle marquera le retour attendu depuis longtemps de la liberté de l’enseignement pour l’Eglise catholique.
Car, a souligné le président de la Conférence épiscopale, voilà déjà plus d’une décennie que les universités et les campus étudiants privés sont venus s’ajouter aux institutions strictement publiques. Les autorités ont permis l’ouverture de la première université libre en 2001. Dix ans plus tard, les universités libres constituaient 11 % des universités du pays. Depuis ce pourcentage a augmenté considérablement puisqu’il est de 33 %.
Eglise catholique tenue à l’écart depuis 1975
«Pourquoi l’Eglise catholique serait-elle privée de ce droit alors qu’il est largement accordé à diverses associations et universités étrangères?», fait valoir Mgr Doc. Cette université serait le signe du retour de l’Eglise catholique sur le terrain de l’éducation. Après en avoir été écartée en 1975, puis tenue à l’écart, l’Eglise estime qu’elle est bien équipée pour effectuer sa rentrée. Elle peut offrir à la société civile une solide philosophie de l’homme. Son passé l’a dotée d’une l’expérience inégalée en matière de formation humaine, précise Mgr Doc.
Les évêques travaillent concrètement pour que ce projet prenne corps et se développe. Un partenariat a été établi avec l’Institut catholique de Paris. Un premier projet visant à la création d’un Institut d’études théologiques avancées à Saigon est en cours de réalisation. Les évêques ont déjà demandé pour lui un statut pontifical au Saint-Siège. Selon l’archevêque, le projet de la Conférence épiscopale est déjà sur les bureaux des hauts fonctionnaires de l’éducation nationale au Vietnam. Les premières entrevues et réactions sont, selon lui, très encourageantes.
Plus de 2’000 établissements éducatifs avaient dû fermer
L’archevêque a insisté sur l’importance capitale accordée par les évêques du Vietnam à la création de cet établissement. S’il voit le jour, l’Eglise sera en plein cœur de cette société civile qu’elle doit évangéliser. Le droit à la liberté d’éducation lui a été retiré une première fois au Nord-Vietnam lorsque le Parti communiste est arrivé au pouvoir en 1954. Le phénomène s’est reproduit au Sud-Vietnam en 1975 lorsque les plus de 2’000 établissements éducatifs de l’Eglise catholique, des universités jusqu’aux jardins d’enfants, ont été forcés de fermer leurs portes. Seules certaines maisons de formation sacerdotale et religieuse ont continué leur œuvre pendant plus d’un an, puis elles aussi ont cessé de fonctionner jusqu’en 1990, date de leur renaissance.
L’idée de l’université catholique a pris naissance il y a trois ans, lors d’une assemblée de la Conférence épiscopale. Dans la lettre commune publiée à l’issue de l’assemblée, intitulée: «Construisons ensemble une civilisation de l’amour et de la vie», les évêques affirmaient que l’Eglise était prête à contribuer au développement du pays dans le domaine de l’éducation et demandait au gouvernement de lui ouvrir la porte. (apic/eda/jm/bb)



